Le Népal veut renforcer les conditions imposées aux alpinistes qui veulent gravir l’Everest
Le gouvernement du Népal veut imposer aux candidats à l’ascension de l’Everest, le plus haut sommet de la planète (8849 m), d’avoir au préalable gravi un sommet népalais d’au moins 7000 m d’altitude.
Au Népal, l’Everest attire chaque saison sur ses pentes de plus en plus d’alpinistes, grimpeurs chevronnés comme débutants en mal de sensations fortes, au point que certains passages étroits sont bloqués par des bouchons humains qui mettent en péril la sécurité de toutes les cordées.
« La règle qui a été proposée vise à réserver l’Everest aux grimpeurs les plus expérimentés et, espérons-le, à réduire les accidents en altitude », explique un responsable du ministère du tourisme du Népal, Himal Gautam. Ces restrictions permettraient aussi de « diversifier les sommets offerts aux alpinistes » et ainsi contribuer à l’économie d’autres vallées, selon Himal Gautam.
« Un geste positif qui va […] rendre l’Everest plus sûr »
Voté la semaine dernière par la première chambre du Parlement, le projet de loi du gouvernement doit désormais être voté par la Chambre des représentants qui sortira des élections législatives du 5 mars, avant d’entrer en vigueur. Elle ne s’appliquera pas à la prochaine saison de printemps, qui attire des centaines d’alpinistes du monde entier.
À la tête de l’un des principaux organisateurs d’expéditions alpines du Népal, Mingma Sherpa s’est réjoui de la décision. « Un geste positif qui va promouvoir les plus chevronnés et rendre l’Everest plus sûr », a-t-il souligné. Lukas Furtenbach, patron de la compagnie autrichienne qui porte son nom, a salué l’intention mais s’est interrogé sur les critères d’éligibilité retenus.
Un fonds pour financer le nettoyage et les emplois locaux
« En quoi l’ascension d’un seul pic de 7000 m vous qualifie-t-elle pour l’Everest ? Est-ce que quelqu’un qui a gravi les sept autres sommets de plus de 8000 m (au Népal) et un nombre incalculable de plus de 7000 m hors du pays ne serait pas plus qualifié ? », s’est-il interrogé. La législation envisagée requiert aussi des grimpeurs des certificats de santé mais supprime la garantie remboursable de 4000 dollars jusque-là exigée pour qu’ils n’oublient pas leurs ordures sur la route du sommet.
À la place, les alpinistes devront désormais contribuer à un fonds qui financera le nettoyage des pentes de l’Everest et les travailleurs locaux employés par les cordées. Le Népal accueille sur son sol huit des dix plus hauts sommets de la planète, ainsi que 462 pics de haute altitude qui n’ont encore jamais été gravis.
En 2025, un peu plus de 1,1 million de visiteurs internationaux ont visité le Népal, selon le Nepal Tourism Board.