Le ministre des Transports veut "faire une pause" dans la taxation de l'aérien

Reconnaissant le risque de décrochage de la France en matière de compétitivité aérienne et de recettes touristiques, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué qu'il souhaitait arrêter d'augmenter la taxation du secteur aérien. Il est également revenu sur la dernière grève des contrôleurs aériens.

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Pierre Georges

Pierre Georges

11 juillet 20252 min de lecture

Tabarot Bourget SAF
Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 19 février 2025.© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

À l’heure où le gouvernement prépare le budget 2026, et que le lobby de l'aérien multiplie les sorties contre la sur-taxation du secteur, le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son souhait de marquer une pause dans la hausse des taxes frappant le secteur. Interrogé sur Franceinfo vendredi 11 juillet, le ministre a indiqué que l’aviation française a déjà été « taxée de manière assez significative » ces deux dernières années, et une nouvelle augmentation risquerait de nuire à l’économie et à l’attractivité touristique du pays.

Un secteur déjà fortement mis à contribution

Depuis l’an dernier, la taxe de solidarité sur les billets d’avion a été relevée, générant près de 800 millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’État. Cette mesure s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu, alors que le gouvernement cherche à combler un déficit de 40 milliards d’euros pour l’année prochaine. Mais pour Philippe Tabarot, il est temps de faire une pause et d’éviter « des taxes contre-productives qui vont ralentir l’activité économique ».

"Je fais partie d'un gouvernement qui cherche 40 milliards" d'euros pour le budget de l'année prochaine, a-t-il remarqué sur Franceinfo, appelant toutefois à être "vigilant" vis-à-vis de l'instauration de nouvelles taxes "qui vont être contre-productives et qui vont ralentir l'activité économique de notre pays".

La France en risque de décrochage face à ses voisins

Le ministre pointe également le risque de décrochage de la France par rapport à d’autres grandes destinations touristiques européennes. "Aujourd'hui, on est dans des chiffres qui sont assez stables d'une année à une autre" pour le trafic de passagers aériens en France, alors que d'autres pays comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie "ont des augmentations de 6 à 7% de leur trafic aérien". "On voit que la taxe sur les billets d'avion de l'an dernier a probablement ralenti un petit peu l'attractivité de notre pays", a-t-il estimé, rejoignant en cela les organisations professionnelles du secteur, compagnies comme aéroports. Alors que le trafic aérien français stagne, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie enregistrent des hausses de 6 à 7% de leur trafic passagers. 

Contrôle aérien : les impacts de la grève

Par ailleurs, le ministre est aussi revenu sur la grève du 3 et 4 juillet, entraînant l’annulation de plus de 1 000 vols en pleine période de départs en vacances et impactant des centaines de milliers de voyageurs. Le ministre a souligné l’impact économique de la grève, estimant à plusieurs dizaines de millions d’euros les pertes pour les compagnies aériennes et à 125 000 le nombre de passagers affectés rien qu’à Orly et Roissy. Alors que des syndicats dénoncent le manque d'effectifs et leurs conditions de travail, et s'oppose à une réforme qui imposerait un contrôle de leur présence via des pointeuses biométriques, Philippe Tabarot estime que "les conditions de travail ne sont pas aussi catastrophiques", et qu'il ira "au bout de cette réforme, parce qu'il en va de la sécurité des personnes qui prennent l'avion".

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