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Le ministre des Transports veut « faire une pause » dans la taxation de l’aérien

Reconnaissant le risque de décrochage de la France en matière de compétitivité aérienne et de recettes touristiques, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué qu’il souhaitait arrêter d’augmenter la taxation du secteur aérien. Il est également revenu sur la dernière grève des contrôleurs aériens.

À l’heure où le gouvernement prépare le budget 2026, et que le lobby de l’aérien multiplie les sorties contre la sur-taxation du secteur, le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son souhait de marquer une pause dans la hausse des taxes frappant le secteur. Interrogé sur Franceinfo vendredi 11 juillet, le ministre a indiqué que l’aviation française a déjà été « taxée de manière assez significative » ces deux dernières années, et une nouvelle augmentation risquerait de nuire à l’économie et à l’attractivité touristique du pays.

Un secteur déjà fortement mis à contribution

Depuis l’an dernier, la taxe de solidarité sur les billets d’avion a été relevée, générant près de 800 millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’État. Cette mesure s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu, alors que le gouvernement cherche à combler un déficit de 40 milliards d’euros pour l’année prochaine. Mais pour Philippe Tabarot, il est temps de faire une pause et d’éviter « des taxes contre-productives qui vont ralentir l’activité économique ».

« Je fais partie d’un gouvernement qui cherche 40 milliards » d’euros pour le budget de l’année prochaine, a-t-il remarqué sur Franceinfo, appelant toutefois à être « vigilant » vis-à-vis de l’instauration de nouvelles taxes « qui vont être contre-productives et qui vont ralentir l’activité économique de notre pays ».

La France en risque de décrochage face à ses voisins

Le ministre pointe également le risque de décrochage de la France par rapport à d’autres grandes destinations touristiques européennes. « Aujourd’hui, on est dans des chiffres qui sont assez stables d’une année à une autre » pour le trafic de passagers aériens en France, alors que d’autres pays comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie « ont des augmentations de 6 à 7% de leur trafic aérien ».

« On voit que la taxe sur les billets d’avion de l’an dernier a probablement ralenti un petit peu l’attractivité de notre pays », a-t-il estimé, rejoignant en cela les organisations professionnelles du secteur, compagnies comme aéroports. Alors que le trafic aérien français stagne, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie enregistrent des hausses de 6 à 7% de leur trafic passagers. 

Contrôle aérien : les impacts de la grève 

Par ailleurs, le ministre est aussi revenu sur la grève du 3 et 4 juillet, entraînant l’annulation de plus de 1 000 vols en pleine période de départs en vacances et impactant des centaines de milliers de voyageurs. Le ministre a souligné l’impact économique de la grève, estimant à plusieurs dizaines de millions d’euros les pertes pour les compagnies aériennes et à 125 000 le nombre de passagers affectés rien qu’à Orly et Roissy.

Alors que des syndicats dénoncent le manque d’effectifs et leurs conditions de travail, et s’oppose à une réforme qui imposerait un contrôle de leur présence via des pointeuses biométriques, Philippe Tabarot estime que « les conditions de travail ne sont pas aussi catastrophiques », et qu’il ira « au bout de cette réforme, parce qu’il en va de la sécurité des personnes qui prennent l’avion ». 

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