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Le coup de gueule de Lionel Rabiet (Voyages d’Exception)

Sur Linkedin, le directeur de Voyages d’Exception dénonce « les nouveaux parasites du web » qui facturent à prix d’or des services administratifs normalement gratuits ou bien moins chers.

« Je fais partie des victimes de ces parasites. Et pourtant je me croyais intelligent, moi le professionnel du tourisme », reconnaît Lionel Rabiet, après avoir payé 59 euros pour un visa malaisien gratuit sur le site officiel de l’ambassade.

Un référencement agressif

Le mode opératoire de ces sites est bien rodé. Grâce à un référencement agressif, ils apparaissent en tête des résultats de recherche sur Google. Leur design reprend les codes des sites institutionnels : terminologie administrative, drapeaux, logos officiels, onglets bien ordonnés. Tout est pensé pour instaurer la confiance et inciter à cliquer. Ils promettent un service « premium », souvent sous forme d’assistance, de traduction ou de vérification des données, mais qui ne justifie en rien les tarifs pratiqués, dénonce Lionel Rabiet. Par exemple, l’autorisation ESTA pour entrer aux États-Unis, dont le coût officiel est de 21 dollars, peut être facturée jusqu’à 99 dollars sur ces sites frauduleux, relève le dirigeant.

Le phénomène ne se limite pas aux demandes de visas, type ESTA ou AVE. D’autres plateformes se sont engouffrées dans la brèche. Comme celles qui proposent de « faciliter » l’enregistrement en ligne pour un vol. Un site, en particulier, est mentionné par Lionel Rabiet : My Trip Online. Celui-ci propose ce service pour un euro symbolique, avant de tenter de faire souscrire les utilisateurs à un abonnement mensuel de 79 euros, sans service réel.

Des abus constatés

D’autres professionnels du secteur confirment cette tendance. Vanessa Loustau, responsable d’agence chez Selectour, explique que des clients ont été abusés par des sites prétendument dédiés à la gestion des réclamations auprès des compagnies aériennes. Après avoir rempli de longs formulaires contenant des données personnelles, ils ont découvert qu’un pourcentage de leur éventuelle indemnisation serait retenu par un prestataire tiers. Ils pensaient pourtant qu’il s’agissait de la compagnie elle-même. « Le site était si bien conçu qu’ils pensaient être sur le site officiel, simplement en cliquant sur le premier lien Google ou une bannière sponsorisée », précise-t-elle.

Toujours sur Linkedin, Laurence Deblonde-Buisson, spécialiste du marketing et membre active de Femmes du Tourisme, rappelle quant à elle l’importance de toujours vérifier que l’on se trouve sur un site officiel avant d’effectuer une démarche ou un paiement. Un principe simple. Mais de plus en plus difficile à appliquer à mesure que les sites frauduleux affinent leurs méthodes.

Face à cette prolifération de pratiques abusives, les agences de voyages se retrouvent en première ligne. Chez Voyages d’Exception, souligne Lionel Rabiet, les équipes prennent le temps de sensibiliser leurs clients lorsqu’elles ne prennent pas elles-mêmes en charge les formalités. Mais la vigilance reste de mise, car même des voyageurs avertis peuvent être pris au piège.

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