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L’Arabie Saoudite veut son hub, comme Dubaï et le Qatar

L’Arabie saoudite compte bien exister sur la scène touristique. Elle veut donc son hub aérien, comme le Qatar et Dubaï. Les experts sont sceptiques.

L’Arabie saoudite a annoncé lundi son intention de devenir un hub mondial dans le transport aérien, suscitant le scepticisme d’experts qui voient difficilement comment le royaume pourrait se faire une place au milieu de poids lourds du Golfe dans ce secteur.

Cet objectif, annoncé lors d’un forum sur l’aviation à Ryad, fait partie d’un programme de réformes, appelée Vision 2030, initié par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Ryad prévoit de plus que tripler le trafic annuel, pour atteindre 330 millions de passagers d’ici la fin de la décennie.

Autres objectifs : injecter 100 milliards de dollars dans le secteur d’ici 2030, lancer une nouvelle compagnie nationale aérienne et construire un nouveau « méga aéroport » à Ryad. Le forum dans la capitale saoudienne accueille depuis lundi des milliers de délégués venus se pencher sur la reprise du transport aérien international après la crise du Covid.

Arabie saoudite trop en retard ?

« Au cours des dix prochaines années, le royaume va émerger comme le hub de l’aviation du Moyen Orient », a déclaré le ministre des Transports Saleh ben Nasser al-Jasser à la session d’ouverture. La stratégie repose sur l’exploitation d’un vaste marché intérieur, a-t-il dit à l’AFP, citant ce que des analystes décrivent comme un atout majeur des compagnies saoudiennes par rapport aux rivaux régionaux que sont Emirates et Qatar Airways.

« On se focalise pour aider l’industrie touristique à se développer en Arabie saoudite et le peuple saoudien à être connecté au monde », a-t-il expliqué. Mais l’âpre compétition dans ce domaine soulève des questions. « Vous avez déjà des acteurs régionaux établis qui bénéficient d’une grande notoriété et constituent une partie importante des économies du Qatar et de Dubaï », estime Robert Mogielnicki, de l’Institut d’études des Etats arabes du Golfe à Washington.

« Un marché saturé »

En Arabie saoudite, au contraire, « le secteur du transport aérien n’est pas aussi central pour l’économie et l’urgence n’est donc pas là (…) ils vont donc devoir rattraper leur retard », selon lui. L’Arabie saoudite peut actuellement compter sur la compagnie Saudia ainsi que les transporteurs lowcost flyadeal et flynas.

Or, ces compagnies se battent déjà pour prendre des parts de marché, pas seulement face à Emirates et Qatar Airways mais aussi aux compagnies à bas coût de Dubaï, Flydubai, et de l’émirat de Charjah, Air Arabia. « C’est plutôt un marché saturé », a indiqué à l’AFP Henrik Hololei, le directeur général « Transports et mobilité » de la Commission européenne.

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