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Comment relancer l’attractivité des métiers du tourisme, selon Me Tarragano

Recruter et fidéliser est devenu le nerf de la guerre en cette période de reprise du tourisme. L’avocate Marie-Laure Tarragano donne des pistes pour relever le défi.

« Le métier ne fait plus rêver », a expliqué Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, lors du congrès du syndicat en République Dominicaine. Les patrons présents à l’événement ont tous signalé des difficultés RH, des départs volontaires et une pénurie de CV.

Un babyfoot ne suffira pas

« Vous avez les aléas géopolitiques, climatiques et sanitaires, ce qui entraîne un problème d’attractivité », résume Marie-Laure Tarragano, avocate en droit social. Alors, comment garder la motivation des salariés et éviter de nouveaux départs ? Marie-Laure Tarragano a partagé des pistes très concrètes afin de renforcer l’attractivité de l’entreprise, à l’occasion d’un atelier organisé dans le cadre du congrès.

« Vous devez clairement intégrer dans votre management la QVT, soit la qualité de vie au travail. » Un babyfoot dans la salle de conférences ne suffira pas…

Si le salarié avait autrefois des desiderata, il a désormais de vraies « exigences ». « Soit vous prenez le train en marche. Soit vous ne le prenez pas et vous courrez le risque de voir partir des talents existants. »

Développer télétravail et intéressement

Largement expérimenté pendant la crise sanitaire, le télétravail est ainsi devenu une exigence de la part de nombreux salariés. « Ma préconisation, c’est de le mettre en place. Les salariés le rendent au centuple, ils montrent plus d’enthousiasme et se réinventent. » Quand c’est possible bien sûr. Une agence physique monoposte n’aura pas cette latitude.

Le télétravail peut être instauré par accord collectif, une charte, ou de gré à gré par avenant. Toutes les grandes dispositions prévues dans l’accord national interprofessionnel sur le sujet (signé par le MEDEF) s’appliquent au secteur du voyage.

« L’attractivité passe aussi de plus en plus par des primes : prime Macron, prime d’intéressement… », a complété l’avocate. Or un accord d’intéressement, lié aux résultats de l’entreprise, fait du sens, notamment suite à la suppression d’éléments de salaires pendant la crise sanitaire. Comment le mettre en place ? Par convention ou accord collectif de travail, pour une période de 1 à 3 ans. « Les EdV se sont saisies du dossier. J’ai rédigé un accord de branche, qui va être soumis aux organisations syndicales. » Si la négociation aboutit, comme pour le chômage longue durée (APLD), les pros disposeront d’un kit clé en main.

Le levier de l’APLD

Autre point, qui peut surprendre au premier abord, l’avocate estime que l’APLD, réformée en avril 2022, sert l’attractivité des opérateurs de voyage. « Vous pouvez faire de l’APLD une GPEC, soit une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, quelle que soit la taille de l’entreprise. C’est clairement un levier d’attractivité pour les salariés. Vous allez pouvoir lisser leur temps, leur proposer des formations pour développer des expertises et des compétences qu’ils n’ont pas. »

Concrètement, l’APLD est désormais applicable 36 mois (sur une période de 48 mois), et peut être mise en place le 31 décembre 2022 au plus tard.

Les EdV communiqueront dès que possible au sujet de l’avenant au Document unilatéral (DU) ou à l’accord collectif qu’il faudra pour profiter des nouvelles mesures du dispositif.

Une démarche RSE

Enfin, l’adoption d’une démarche de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) devient clé pour séduire salariés et clients. Les jeunes générations souhaitent des employeurs engagés.

Pour l’instant, seules les grandes entreprises qui sont soumises aux rapports extra-financiers sont tenues d’intégrer dans leur résultats comptables des indicateurs RSE. « Bientôt, les TPE-PME comme les grandes entreprises ne pourront plus travailler et être sous-traitants ou fournisseurs des entreprises elles-mêmes soumises aux rapports extra-financiers si elles ne justifient pas de leur démarche RSE. » Autrement dit, « les sociétés seront RSE ou n’existeront plus d’ici quelques mois », assure Marie-Laure Tarragano.  De plus, pour répondre aux appels d’offre, une entreprise doit pouvoir justifier de sa démarche RSE.

La responsabilité sociétale repose sur une norme onusienne, ISO 26000. Ce standard international comprend 7 piliers dont l’environnement, mais aussi les conditions de travail, la lutte contre la corruption… « C’est facile à mettre en place dans vos entreprises. C’est anxiogène mais je vous rassure : vous avez tous dans vos entreprises énormément d’actions qui ne sont pas qualifiées de RSE mais qui sont des actions RSE. » Exemples : le recyclage des ampoules, la lutte contre la pollution informatique, un accord d’intéressement. Il faut donc faire un vrai diagnostic. L’Ademe, l’Afnor, Lucie mettent des kits en ligne pour entreprendre un audit interne. 

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