La Polynésie, en quête d’un nouvel Eden
La Polynésie française a perdu l’exclusivité du statut de paradis sur pilotis. Elle doit réinventer un modèle touristique qui mette en valeurs ses nombreux atouts.
Tahiti et ses îles. Un nom évocateur de rêve : lagons turquoise, îles luxuriantes, sourire enchanteur des Polynésiens… Malgré un environnement naturel exceptionnel et une grande richesse culturelle, l’archipel est en perte de vitesse depuis une dizaine d’années. Le rebond de 2011 (107 000 touristes entre janvier et août, en hausse de 11 % par rapport à 2010) ne saurait endiguer la chute de fréquentation ininterrompue depuis 2000. Elle concerne surtout les marchés historiques comme la France qui a atteint son taux de fréquentation le plus faible depuis 15 ans en août dernier. Lourdement impactée par la crise, la Polynésie pâtit de la concurrence des Seychelles et surtout des Maldives, qui proposent une offre similaire en termes de communication et d’image, à des tarifs plus attractifs. Le coût élevé de la vie et du transport aérien, lié à l’éloignement de Tahiti (située à quelque 17 000 kilomètres de la France), pèse fortement sur sa compétitivité. Et il est peu probable que ce phénomène s’inverse dans les années à venir. Pour autant, la Polynésie a des cartes à jouer sur le marché de la croisière qui reprend des couleurs, avec une croissance de 35 % par rapport à 2010, et sur celui du tourisme de luxe où la quête d’authenticité et de rareté se paye à prix d’or. Tahiti souhaite se positionner comme une destination durable, en mettant l’accent sur la protection de l’environnement, déjà initiée par les hôteliers. La création de classifications et de labels pour améliorer la qualité de l’offre touristique est l’autre grande priorité du GIE Tahiti Tourisme, qui fait actuellement l’objet d’une profonde restructuration. Les premiers résultats de ce renouveau touristique sont attendus d’ici à 2013.
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