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Camping : la FNHPA appelle à des mesures de prévention face au changement climatique

La Fédération nationale de l’hôtellerie en plein air (FNHPA) appelle à « prendre le taureau par les cornes » en termes de tourisme durable.

« Nous pourrons garder notre place de leader si nous sommes la première destination durable du monde », lance Serge Papin, ministre du Tourisme et des PME. Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne et ancien ministre du Tourisme, a réuni à Paris représentants de la FNHPA, sénateurs et acteurs du secteur. Objectif : présenter les propositions de la fédération sur « l’adaptation de l’hôtellerie de plein air au changement climatique »., réunies dans un rapport éponyme. Un défi qui relève de « notre responsabilité collective », insiste le ministre.

L’hôtellerie de plein air représente, en France, 141 millions de nuitées touristiques par an. « Sans ça, on ne pourrait pas être la première destination d’accueil », souligne Jean-Baptiste Lemoyne.

Toutefois, « un grand nombre de campings sont implantés dans des sites naturels exceptionnels, qui font leur succès, mais les exposent à des risques multiples, rappelle le rapport. Submersions, incendies, inondations, érosion ». Sur les 7 400 campings français, près de 2 000 sont situés en zone dites « à risque », concentrant « à eux seuls, la moitié de la fréquentation nationale » et plus de 50 000 emplois.

Un camping sur quatre est exposé au risque d’inondation

Il faut donc « prendre le taureau par les cornes », tonne l’ancien ministre du Tourisme. Et prévenir, pour ne pas avoir à guérir. « Aujourd’hui, nous avons des établissements qui sont en mesure d’avoir des perspectives pour l’avenir. » 

Selon Nicolas Dayot, président de la FNHPA, sans cadre juridique adapté, la France risque de devenir un « nain touristique » d’ici la fin du siècle. « Si on perd les campings, c’est une catastrophe pour l’économie touristique nationale », soutient le dirigeant. Et de rappeler qu’un camping sur quatre est exposé au risque d’inondation, et un sur cinq au risque de feu de forêt. Plus critique encore, les 2000 campings exposés génèrent, à eux seuls, « la moitié de la fréquentation nationale ». Le camping, « c’est l’outil industriel du territoire », appuie Nicolas Dayot, il nécessite « un traitement juridique différent. »

La FNHPA émet ainsi dix propositions afin d’« adapter et préserver le camping ». Régime dérogatoire, adaptation, sécurisation… Le but n’est pas de « piétiner la loi », rassure Johanna Leplanois, avocate, caution juridique de ce plan d’action, mais bien l’adapter par des exceptions très limitées à la spécificité du secteur.

Régime dérogatoire

La fédération découpe ses dix propositions en six chapitres. Le premier vise l’adaptation au changement climatique en zone littorale. La création d’un régime dérogatoire entend par exemple permettre aux campings menacés par le recul du trait de côte d’être relocalisés plus facilement. Conditionnée à des critères stricts, ce régime permettrait de « conserver les lits touristiques » et ne devrait pas, selon la FNHPA, « porter une atteinte excessive aux sites et aux paysages remarquables ou caractéristiques, ainsi qu’aux espaces et aux milieux à préserver ».

L’objectif de ces propositions est avant tout de faciliter la relocalisation des campings menacés, même « au regard de l’artificialisation des sols » (chapitre 2). La proposition 6 conseille de « rendre plus de foncier éligible à la relocalisation pour les campings exposés à un aléa, autre que le seul recul du trait de côte ». Concrètement, les zones devenues inutilisables parce qu’elles sont fortement exposées à un risque seront comptées comme « désartificialisées » à condition qu’elles soient renaturées dans les cinq ans après la relocalisation, et que la surface renaturée soit équivalente à celle abandonnée.

« Soyez forces de proposition »

La fédération recommande également la facilitation de la mise en œuvre d’hébergements résilients dans les campings existants (chapitre 4), ainsi que celle de l’identification et l’adaptation du zonage pour les projets de relocalisation (chapitre 6). En somme, dix propositions qui visent globalement à favoriser l’adaptation des campings aux risques climatiques via la relocalisation, des hébergements adaptés et un cadre juridique plus souple.

La suite ? Il va falloir « prendre notre bâton de pèlerin » et « convaincre les collègues », assume Jean-Baptiste Lemoyne. Ce travail sera en tout cas « transpartisan », et l’ex-ministre sait d’ores et déjà qu’il devra travailler main dans la main avec le secteur – mais aussi avec le ministère de la Transition écologique. M. Papin encourage quant à lui ces réflexions, et intime à ses collègues et à l’assemblée : « Soyez forces de proposition, j’y serai attentif. »

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