À Maurice, Sunlife « met le paquet » sur le tourisme durable
Avec la création d’un poste dédié au développement durable, la chaine mauricienne veut inscrire ses engagements environnementaux et sociaux dans un cadre plus normé et mesurable.
Ancien directeur général de La Pirogue, qui célèbre cette année son 50ème anniversaire, Clency Romeo prend la tête de cette nouvelle direction du développement durable. « Aujourd’hui, on met le paquet. Le développement durable n’est plus une option, il est une obligation », déclare-t-il.
Deux collaborateurs par établissement
Dans cette optique, Sunlife prévoit de dédier deux collaborateurs par établissement (La Pirogue, Sugar Beach, Long Beach, Ambre, The Bay Club at Anahita) aux enjeux de durabilité. Leur mission : mettre en œuvre une feuille de route structurée autour des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et des Objectifs de développement durable (SDGs), avec des indicateurs précis, suivis et audités.
« C’est une création de poste. Avant, nous menions des actions RSE, mais sans cadre suffisamment structuré. Le développement durable se limitait souvent aux déchets, au climat ou à la pollution. Aujourd’hui, il s’agit aussi de protéger les communautés, de veiller aux droits des enfants et de garantir la parité entre les femmes et les hommes », explique Clency Romeo.
Le groupe vise l’obtention de la certification ISSB (International Sustainability Standards Board), présentée comme un référentiel international comparable à certaines normes ISO. « Nous avons déposé un dossier. Cela constitue pour nous un enjeu stratégique », poursuit le responsable. De l’obtention de ce label, dépend aussi l’accès à certains financements.
« Nous voulons aller plus loin »
Au-delà du cadre normatif, la feuille de route comporte des mesures opérationnelles. En premier lieu, la protection de l’espace marin, la réduction des plastiques, la lutte contre le gaspillage alimentaire, une meilleure gestion des déchets. Ainsi que la montée en puissance de la production d’énergie solaire, avec un objectif affiché pouvant atteindre jusqu’à 80% d’électricité issue de panneaux photovoltaïques. « Certaines actions existaient déjà, mais elles n’étaient pas toujours systématiques ni suffisamment structurées. Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et mieux mesurer nos performances », avance encore Clency Romeo.
Progression de 7% sur le marché français
Sur le plan économique, l’exercice en cours (qui s’achèvera le 30 juin 2026) affiche un volume stable par rapport à l’année précédente. Mais, précise Yann Lloret, directeur France de Sunlife, « le chiffre d’affaires est en progression de 7% sur le marché français ». Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des tarifs, l’allongement de la durée des séjours, ainsi qu’une part plus importante de chambres de catégories supérieures vendues.
Le groupe observe par ailleurs une progression des séjours individuels et un léger recul des groupes. À La Pirogue, « le premier à s’être implanté sur l’île et le plus vendu chez Sunlife », la clientèle demeure majoritairement européenne, avec une forte présence allemande et française selon les périodes de l’année. Avec un taux d’occupation de « 92% », cet établissement de la côte ouest de l’île Maurice s’apprête à fêter son cinquantenaire. En même temps que les quatre ans du rebranding de la chaîne hôtelière. Une grande fête sera donnée sur place le 1er décembre.