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La Chine juge « inacceptables » les tests Covid demandés à ses voyageurs

Pékin a condamné mardi l’imposition de tests Covid par une douzaine de pays aux voyageurs en provenance de Chine, alors qu’il affronte une vague de cas sans précédent.

« Certains pays ont mis en place des restrictions à l’entrée visant uniquement les voyageurs en provenance de Chine. Cela est dénué de base scientifique et certaines pratiques sont inacceptables », a fustigé une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning. La Chine pourra « prendre des contre-mesures, selon le principe de réciprocité », a-t-elle averti.

Ces déclarations surviennent près d’un mois après la levée surprise le 7 décembre par la Chine de ses restrictions sanitaires, décision qui entraîne depuis un afflux de patients dans les hôpitaux et de victimes du Covid dans les crématoriums.

« On est dans notre rôle », dit Elisabeth Borne

A partir de dimanche, Pékin n’imposera plus de quarantaine aux personnes arrivant de l’étranger mais continue de demander un test PCR négatif aux voyageurs et ne délivre plus de visas de tourisme depuis bientôt trois ans. Le pays autorise aussi les Chinois à voyager à l’étranger.

Plus d’une douzaine de pays ont imposé ces derniers jours des tests Covid aux passagers en provenance de Chine, s’inquiétant du manque de transparence sur les chiffres des infections et redoutant l’apparition de nouveaux variants. La France en fait partie.

« Je pense qu’on est dans notre rôle en protégeant les Français et en demandant des tests », a réagi mardi la Première ministre française Elisabeth Borne, interrogée sur Franceinfo. « On continuera à le faire ».

100 ambulances par jour

La Chine fait actuellement face à sa pire flambée de cas. A Shanghai notamment, les deux tiers des habitants pourraient avoir eu le Covid ces dernières semaines, a estimé mardi un haut responsable d’un des principaux hôpitaux de la ville.

Capitale économique de la Chine, la ville de 25 millions d’habitants avait été placée sous confinement strict pendant deux mois à partir d’avril. Une grande partie d’entre eux avaient été emmenés en centres de quarantaine. Désormais, le variant Omicron s’y répand très rapidement.

« Plus de 100 ambulances arrivent à l’hôpital chaque jour », a déclaré Chen Erzhen, vice-président de l’hôpital Ruijin, à un blog affilié au Quotidien du peuple. « La moitié des patients admis en urgence sont âgés de plus de 65 ans, donc plus vulnérables. »

Dans d’autres grandes villes chinoises comme Pékin, Tianjin (Nord), Chongqing (Sud-Ouest) et Canton (Sud), les autorités sanitaires estiment que le pic est déjà passé.

Nouvel An chinois

Cette vague de Covid dans les grandes villes devrait bientôt toucher les zones rurales de la Chine, où les services de santé sont moins fournis, alors que des millions d’habitants retourneront dans leurs provinces natales pour célébrer le Nouvel An lunaire à partir du 21 janvier.

« Ce qui nous inquiète le plus, c’est que ces trois dernières années, personne n’est rentré dans sa province pour le Nouvel An lunaire, mais cette année c’est enfin possible », a déclaré Jiao Yahui, une responsable de la Commission nationale de santé (NHC), dans un entretien avec la télévision d’Etat CCTV lundi. « En conséquence, il pourrait y avoir un rebond des voyages de citadins vers les campagnes pour rendre visite à leurs proches, ce qui nous inquiète davantage pour l’épidémie en zones rurales », a ajouté la responsable.

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