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L’industrie touristique à l’heure du lobbying

Faire appel à un cabinet de lobbyistes pour être tenu informé et défendre ses intérêts ? Même en pleine campagne électorale, tous les institutionnels du tourisme n’ont pas sauté le pas.

C’est l’effervescence dans les cabinets de lobbying français. Campagne électorale oblige, leur activité a explosé au cours des dernières semaines. Mais les acteurs du tourisme n’y sont pas pour grand-chose. La plupart des institutionnels du secteur disent en effet ne pas avoir fait appel aux services de ces officines pour faire valoir leurs intérêts dans les débats. « Nous sommes suffisamment bien implantés dans le paysage français pour nous passer de lobbyistes professionnels sur l’Hexagone, résume Raoul Nabet, président de l’APST. Nous sommes déjà facilement en contact avec nos trois interlocuteurs naturels, le ministère du Tourisme, la direction du Tourisme et Atout France. »

UN SECTEUR TOUJOURS EN VEILLE

Idem au Ceto, où René-Marc Chikli, président, assure lui-même le service. « J’ai vu récemment Daniel Fasquelle (secrétaire national adjoint de l’UMP en charge du tourisme, ndlr), commente-t-il. Mais l’idée n’est pas de faire le tour de tous les députés et élus. Le lobbying le plus important, c’est avec le ministre du Tourisme, quand il sera en poste, qu’on le fera. » Plus que de peser dans les programmes des candidats, « l’enjeu est surtout d’identifier les équipes susceptibles de former les futurs cabinets ministériels et de nouer des contacts avec elles », embraye Valérie Boned, secrétaire générale déléguée du SNAV. Pour l’aider dans cette tâche, le syndicat s’appuie cependant sur un cabinet de consultants, auquel il fait appel régulièrement. Le pas a été sauté en 2008, alors que la loi Novelli était en préparation. « Nous avions besoin d’être bien informés sur les rouages des procédures législatives, qui sont complexes, poursuit Valérie Boned. Depuis, ce cabinet effectue pour nous une veille juridique, sur les textes en préparation. L’intérêt est de pouvoir agir en amont des discussions parlementaires, et pas en réaction ».

MIEUX QU’UNE CAMPAGNE DE COMMUNICATION

Dans un autre registre, la FNHPA (Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air) a fait appel en 2007 au cabinet Communication et Institutions pour faire aboutir une loi sur l’implantation des mobil-homes. « Les opérateurs de campings avaient besoin d’accompagnement pour faire de la pédagogie auprès des pouvoirs publics et des élus locaux, explique Gaétan de Royer, le consultant qui s’était chargé de ce dossier. On les a aidés à construire leur communication et on leur a ouvert des contacts supplémentaires, avec notamment une audition à l’Assemblée nationale. » Coût de la prestation ? « Pas plus cher qu’une consultation d’avocat, et bien moins cher en l’espèce qu’une vraie campagne de communication, reprend-il. Il faut compter entre 2 000 et 6 000 E par mois. »

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