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Investir dans le tourisme, une bonne affaire ?

Malgré le contexte économique, les entreprises du tourisme peuvent encore intéresser les investisseurs. À condition qu'elles aient un projet innovant et soient en pleine croissance. Si le profil de la start-up dopée au digital plaît, ce n'est toutefois pas le seul.

%%HORSTEXTE:1%%Depuis l'été 2013, deux importantes levées de fonds ont marqué les esprits : Planetveo.com a récolté 15 M€ en juin et Evaneos.com, 4,4 M€ début 2014. Dans cette récente opération, le fonds XAnge Private Equity a contribué à hauteur de 3,5 M€. La filiale de La Banque Postale a ainsi réalisé sa première entrée au capital d'une entreprise française du tourisme. Un secteur dont la maturité limite, pour elle, ses opportunités d'investissement, qui sont centrées sur de jeunes entreprises. Serge Mesguish, directeur à la BPI France (Banque publique d'investissement qui réunit la Caisse des Dépôts Entreprises, la FSI Région et Oséo) soulève un autre problème : « les investisseurs comprennent mal comment fonctionnent les modèles du secteur du tourisme. De plus, pas un seul n'a franchi le cap de la crise, or les financiers ont peur de l'incertain », affirme-t-il. Malgré tout, en 2013, la BPI a accompagné 15 entreprises du tourisme.

 

L'équipe managériale, le principal critère

 

%%HORSTEXTE:2%%Alors, pourquoi XAnge Private Equity a-t-il choisi de soutenir Evaneos.com ? Réponse de Rodolphe Menegaux, directeur des participations : « Evaneos.com nous a plu pour son équipe managériale, qui a su développer sa plate-forme de réceptifs, tout en maîtrisant les coûts ». « L'équipe compte à 80% dans nos choix, le marché et le modèle à 15%. Il nous reste 5% pour le coup de coeur », renchérit pour sa part Nicolas Baudy, cofondateur de l'entreprise de conseil et de financement Innovigo, qui soutient Homeloc, Vigimilia, et autres CometoParis. Innovigo cherche ensuite des financements extérieurs et met au passage un modeste ticket, de quelques milliers d'euros.

L'idée des investisseurs, c'est souvent d'accompagner la croissance de start-ups, en prenant des risques présumés bien calculés. La profitabilité n'est pas toujours un critère de sélection, loin s'en faut : « Nous sommes un fonds de capital-risque, poursuit Rodolphe Menegaux. La majorité des sociétés dans lesquelles nous investissons ne sont pas rentables ». Mais XAnge Private Equity parie naturellement sur leur capacité à dégager des profits, sitôt leur taille critique dépassée. Sa stratégie consiste souvent à revendre 3 à 5 ans plus tard, en effectuant au passage une belle plus-value.

 

Créer de nouveaux modèles

 

%%HORSTEXTE:3%%La durée et la finalité des investissements réalisés par des fonds sont vieilles comme Internet, et même davantage. En revanche, le profil des entreprises convoitées a changé depuis 20 ans, note Pascal Bordat, partner chez Optivalue. Il est loin le temps où il suffisait d'accoler un .com ou un .fr pour tomber dans les bonnes grâces des financiers de tout acabit. « L'agence en ligne Travelprice (rachetée ensuite par Lastminute, Ndlr) avait levé 17 M€ début 2000, et le comparateur Sprice.com 8 M€ en 2006 », se souvient Pascal Bordat, en tant qu'ex-dirigeant des deux pure players. « Aujourd'hui, c'est plus difficile d'arriver à de tels montants, pour le même niveau de développement d'entreprise ». Il faut davantage faire ses preuves, et montrer sa capacité à innover, à créer de nouveaux modèles. « Une entreprise qui se présenterait demain avec un modèle comme celui d'Expedia ne pourrait plus convaincre », ajoute Pascal Bordat.

Les investisseurs et sociétés de conseils que nous avons consultés ont tous les mêmes paradigmes de prédilection, quel que soit le secteur d'activité : l'économie collaborative (« sharing economy »), le mobile (smartphones et tablettes), les logiciels en mode SAAS sont sur toutes les lèvres. C'est sur ces terres digitales que le tourisme, avec ses faibles marges, ses coûts d'acquisition élevés, et sa concurrence exacerbée, peut attirer de l'argent frais. Mais pas uniquement. Parmi les entreprises soutenues par la BPI figure par exemple la holding Travel et Co, qui regroupe les marques Terres de Charme, Australie Tours et Nouvelle Zélande Voyages. « La BPI nous accompagne depuis 2007. Il nous fallait un fonds d'investissement pour pouvoir racheter Terres de Charme. Notre projet de croissance externe était ambitieux. Il prévoyait l'acquisition de voyagistes en croissance et ayant pignon sur rue. C'est ce qui a séduit et continue de séduire la BPI aujourd'hui, qui possède désormais 34% des parts de la holding Travel et Co », explique Claude Blanc, cofondateur et dirigeant de Travel et Co, qui reconnaît cependant « qu'aujourd'hui cela serait plus compliqué de faire passer un tel dossier ».

 

Des modes de financement innovants

 

Morgann Lesné, directeur exécutif de la société de conseil en financement Financière Cambon, met quant à lui en avant le manque de soutien des grands acteurs français du tourisme pour l'innovation. Le fonds d'investissement Priceline Ventures, créé par l'américain Priceline en 2012 pour mettre des tickets de 1 M$ à 500 M$ dans des start-ups est, selon lui, un exemple à suivre. « De grands groupes industriels français comme Accor ou la SNCF seraient bien inspirés d'en faire autant », insiste-t-il. La SNCF, justement, a lancé son incubateur de start-ups en septembre 2013. La société d'investissement Pole Capital, créée par le groupe Prêt à Partir, vient, elle aussi, de lancer son premier appel à candidatures pour rejoindre la PAPinière, une structure qui accompagnera une quinzaine de start-ups innovantes dans les applications sectorielles de la mobilité, du voyage, des loisirs et de l'environnement. « Au bout de dix jours, nous avons déjà reçu une trentaine de dossiers et pensons en recevoir une centaine en tout. Ce chiffre n'est pas surprenant car il y a peu de solutions adaptées aux start-ups en régions. On fait partie des rares à intervenir sur de très jeunes structures », explique André Raoul, président de Pole Capital. Selon lui, sans appui financier, juridique ni commercial, les start-ups ont 98% de chance d'échouer…

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