Internet, le chic en clics
Le haut de gamme cherche sa place sur Internet. La prime reviendra aux marques qui ont déjà acquis une légitimé en la matière.
Internet n’est plus une barrière pour la vente de produits haut de gamme, assure Karim Loukil, DG de Voyagechic.com. Son site a réalisé un volume d’affaires de 3 ME lors de sa première année d’exploitation en 2006 et compte doubler la mise cette année. Dans son modèle économique, Voyagechic.com capitalise sur le forfait dynamique, associant un hôtel 4 ou 5b à un siège d’avion. Le portail réalise 70 % de ses ventes en ligne, pour un panier moyen de 1 335 E par personne.
Si Karim Loukil veut persister dans le chic, il renonce toutefois, pour l’heure, au site de luxe qu’il envisageait de lancer. Le luxe passe par de petits hôtels, pour lesquels il est difficile d’obtenir des stocks, et par un fort support téléphonique. Bref, des contraintes difficilement compatibles avec sa recherche de productivité.
D’autres opérateurs croient au haut de gamme (et non au luxe !) sur Internet. Afin de se mettre en selle sur le créneau, Go Voyages voit désormais dans Voyagechic. com le bon étalon. Lancée au printemps 2004, la ligne prestige du TO à la grenouille a fait deux galops d’essai décevants, le premier avec Un Monde à Deux, le deuxième avec Nosylis.
Avec Voyagechic. com comme nouveau fournisseur unique, Go espère atteindre 1 ME de ventes en 2007, contre 300 000 E l’an passé. Nous allons communiquer sur Govoyagesprestige.com, dans notre newsletter ainsi qu’à travers l’achat de mots-clés. C’est indispensable pour le voyagiste, qui n’a pour l’heure aucune légitimité sur le créneau. Le haut de gamme se vend bien sur le web si la marque est forte, et le site adapté, estime Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde.
Une clientèle très exigeante
Directours a semble-t-il réuni ces deux prérequis. Doté d’une seule brochure électronique, le voyagiste en ligne estime à 3,23 ME ses ventes haut de gamme en 2006 (soit 17 % de son chiffre d’affaires). 1 982 de ses clients ont dépensé plus de 3 000 E pour leur voyage, et 920 autres plus de 1 000 E pour un week-end. Ce sont des clients informés et très exigeants, qui ne vont jamais se contenter d’une chambre standard, explique le PDG Michel-Yves Labbé. Pour les satisfaire, il faut connaître la destination et disposer de collaborateurs de qualité. Il est très rare que la vente soit effectuée en ligne. D’ailleurs, pour moi, Voyagechic.com n’offre pas les prestations d’un TO haut de gamme, conclut-il.