France : quand les urbains rêvent de vert
L’appel de la campagne gagne les habitants de villes de plus de 100 000 habitants, selon un récent sondage Ifop pour le cercle « Nos Campagnes ».
Le jeune cercle de réflexion « Nos Campagnes » a mandaté l’Ifop afin d’interroger 1000 Français qui habitent des villes de plus de 100 000 personnes, et représentent ainsi 40% de la population nationale.
Une soif de nature
Sans surprise, 68% des sondés déclarent aller plusieurs fois à la campagne chaque année. Parmi ceux qui y vont au moins une fois par an, « 15% possèdent une résidence secondaire », selon Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop. Le taux grimpe à 25% parmi les Franciliens, et chute à 8% pour les personnes vivant en province.
Pourquoi les urbains se rendent-ils à la campagne ? L’Ifop a identifié les principales motivations : profiter de la nature (56%), aller voir la famille (52%), et y passer un moment (week-end ou vacances, à 52%).
Quelles activités les urbains français, qui habitent dans de grandes villes, pratiquent-ils à la campagne ? La randonnée arrive en tête (60%), juste devant le tourisme patrimonial (visites de patrimoine, musées…) (53%). Suivent, loin derrière, la participation à des fêtes locales, la lecture et la gastronomie (un urbain sur trois).
Une loi pour protéger le chant des cigales
Reste à faire cohabiter des urbains de passage et des ruraux, comme l’explique Karine Alsters, la mairesse de Flayosc dans le Var.
Derrière la carte postale de sa commune rurale, se cache « le problème des cigales », témoigne-t-elle. « D’autant plus qu’il fait très chaud, elles chantent tard le soir, ce qui est pénible sur les terrasses, témoigne l’édile avec humour. Le sujet fait sourire, mais c’est mon quotidien. Je suis contente que nous ayons voté une loi qui protège le chant des coqs et le son des cloches. »
Vie-publique.fr évoque très sérieusement l’esprit et la genèse de cette loi du 29 janvier 2021 visant à « protéger le patrimoine sensoriel » des campagnes françaises. « Chant du coq ou des cigales, odeur du fumier ou du crottin de cheval… Les litiges portant sur des troubles de voisinage à la campagne se multiplient, souligne le site du gouvernement. Afin de favoriser le vivre ensemble dans les territoires ruraux, la loi entend promouvoir les sons et les odeurs des campagnes françaises. » Par conséquent, ces sons et ces odeurs font désormais partie du « patrimoine commun de la nation ».
Tourisme au vert
La campagne attire pour les vacances et les week-ends. D’ailleurs, les séjours des Français à la campagne ont doublé en cinq ans chez Airbnb, entre 2019 et 2024. Les familles s’en montrent particulièrement friandes, d’après la plateforme de meublés touristiques. Les Gîtes de France, bien ancrés dans le terroir depuis plus de 50 ans, font le même constat.
« Airbnb est présent dans 29 000 communes sur 36 000, aime rappeler Clément Eulry, directeur France. C’est l’acteur numéro un de la dispersion touristique. » Environ un tiers des hébergements proposés sur Airbnb en France se situe en zone rurale. Certaines municipalités s’en frottent les mains, d’autres serrent la vis alors que des locaux grincent des dents.