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Fram passe à la méthode dure

Désormais placé sous les hautes compétences de spécialistes de la gestion de crise et avec un actionnariat familial cantonné au conseil de surveillance, Fram entre dans le vif du sujet : un redressement sans état d'âme, pour une cession aux meilleures conditions.

Fram nécessite un traitement de choc. À la manoeuvre depuis le 15 février : Zalis, une société de retournement mandatée par les banques et les actionnaires. Dans le jargon économique, le retournement, avec mise en place d'un management de transition, « concerne la stratégie de redressement économique d'une entreprise sous-performante ». Créée en 2001 par Daniel Cohen, et considérée à Paris comme l'une des références en la matière, Zalis est décrite « comme l'un des principaux acteurs du sauvetage et du redressement d'entreprises en difficultés, spécialisé dans la prise en charge stratégique et opérationnelle des sociétés en phase de rupture ». Avec plus de 50 ME de pertes cumulées sur trois ans et son incapacité à se réformer pour cause de bisbilles familiales, Fram correspond au profil de ces groupes en détresse qui assurent le fonds de commerce de Zalis ou encore de Prosphères. Cette dernière, arrivée en septembre 2012 au chevet de Thomas Cook France, avec Michel Rességuier et Hervé Chabrerie aux commandes, « pour mener le changement et la revue stratégique des activités », devrait livrer ses conclusions mi-mars. Comme chez TC France, Fram accueille une nouvelle gouvernance dont la mission est de poser, sans état d'âme, un diagnostic assorti d'un plan de redressement. L'assemblée générale des actionnaires du 15 février a nommé à la présidence du directoire Daniel Cohen, secondé par Jean-François Habert, directeur financier de Zalis. Déjà présente au directoire depuis 1999, Marie-Laurence Vieuille-Féral, contrôleur de gestion, complète le trio opérationnel. « Il conjuguera tous ses efforts, avec les équipes en place, afin de poursuivre le redressement de l'entreprise et la mutation engagés pour retrouver rapidement la rentabilité », indique un communiqué.

 

UN PRÊT DE 12 MILLIONS D'EUROS

Marie-Laurence Vieuille-Féral, nièce de Georges Colson, est la seule rescapée de la famille Polderman-Chaubet-Colson, qui siège désormais dans sa totalité, et « en cohérence avec l'équilibre de l'actionnariat », au conseil de surveillance. Marie-Christine Chaubet, demi-soeur de Georges Colson, contrôle, comme ce dernier, environ 40 % du capital. Elle est de retour, de même que sa fille Marie-Odile, au sein de l'instance, gage d'apaisement et d'un actionnariat pacifié. C'était la condition sine qua none réclamée par les banques pour remettre au pot. Fram aurait ainsi bénéficié dernièrement d'un prêt d'une douzaine de millions d'euros, qui lui permet de voir venir à court terme. À la tête du conseil de surveillance, Daniel Cohen aura du répondant en la personne de Claire Dreyfus-Cloarec, issue du monde de la finance mais aussi pointure du secteur touristique.

Ainsi réorganisé, le groupe peut-il être sauvé ? « On a tous le bourdon », confiait au lendemain de l'assemblée générale un salarié à Toulouse, « mais on n'a plus le choix. Il faut avancer. On imagine que c'était ça ou le dépôt de bilan ». Fram ne fera certainement pas l'économie d'un deuxième plan social. Celui acté en décembre dernier, et qui prévoit la suppression de 59 postes, est, de l'avis de beaucoup, « sous-dimensionné ». Toutes les options pour l'avenir, comme chez Thomas Cook France, sont donc désormais envisageables. Lors de l'assemblée générale du 15 février, les actionnaires ont voté la suppression des droits de vote double. Cela facilitera l'entrée au capital de nouveaux actionnaires, voire d'un repreneur. L'entreprise sera-t-elle cédée dans sa totalité ou certaines de ses filiales pourraient-elles connaître un sort à part ? La revue des actifs sera la première mission de Daniel Cohen. Ainsi Plein Vent, dans le giron de Fram depuis 2009, est-il aux premières loges. « Il n'y a pas d'inquiétude à avoir », rassure Joost Bourlon, directeur général du TO. « On a renoué avec les bénéfices en 2012, avec une forte croissance. Quel que soit le Fram de demain, nous y avons notre place. »

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