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Fin de partie

Promis, juré, les adulescents-traders derrière leurs écrans qui s’amusent sur les valeurs financières comme ils jouent sur leurs consoles, ne recommenceront plus à miser sur des matières premières, sur des produits dérivés qu’ils ne maîtrisent pas, sur le temps qu’il va faire demain. Ne pouvant nier leurs responsabilités dans le désordre économique actuel, les banques, qui emploient ces apprentis sorciers, ont dû faire amende honorable.

Dont acte. C’est oublier que les voeux de moralisation sont, en finance, aussi pieux qu’en politique.Une fois les diverses factures réglées, la course va donc repartir de plus belle? Pas si sûr, car les règles du jeu changent. Plus que le cours du pétrole et de l’euro, la contrainte environnementale va s’imposer à tous, toujours plus forte, comme un étau.

Le concept de développement durable va glisser implacablement du domaine de la com’ et du marketing, servis par des entreprises vertueuses parfois à bons comptes, à celui du juridique, autrement plus réglementaire et coercitif.

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Dans un proche avenir, la compétitivité des acteurs économiques pourrait moins se mesurer à son Ebitda, qu’à son empreinte écologique. Désormais, ne pas suivre une démarche responsable va coûter cher. En image aujourd’hui, en argent demain et, pourquoi pas, en condamnation après-demain.

Les désignés coupables de la première heure comme les compagnies aériennes ont déjà évolué sur la question (voir notre enquête), en partie sous la pression des institutions mais aussi sous celle des marchés. Pour elles, commander des avions moins gourmands en kérosène, négocier âprement les modalités d’échange de quotas CO² prévues pour 2012 avec l’Union européenne, inciter des passagers déjà lourdement taxés à compenser leurs déplacements, sont des actions non plus seulement marketing, mais bel et bien économiques. Preuve de l’intérêt pour le développement durable : les marchands du temple, des greenwashers aux traders, s’emparent peu à peu du marché et spéculent déjà sur les programmes de compensation de CO². Cela change du pétrole et des subprimes.

Cédric Néau
Rédacteur en chef adjoint

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