Croisières : un projet de taxe de 15 euros par passager en France
Le Sénat a voté une taxe écologique visant les croisières internationales. L’objectif ? Financer la protection des littoraux français.
15 euros par passager et par escale en France, pour un rendement estimé à 75 millions d’euros par an. Voilà la taxe, portée par des sénateurs Les Républicains (LR), et adoptée de justesse au Sénat ce lundi. Sur ce sujet comme sur d’autres, le « socle commun » s’est dispersé : l’exécutif et une partie du reste du camp gouvernemental s’y opposait, et le texte a été adoptée de justesse avec le soutien de la gauche.
Cette taxe, fondée sur le principe du « pollueur-payeur », vise à compenser les « externalités particulièrement lourdes » des croisières internationales pour les espaces littoraux et portuaires, selon les sénateurs à l’origine de la mesure. Jean-Marc Délia estime que, chaque année, les paquebots émettent plus de 7 millions de tonnes de CO2 en Europe. Soit des rejets de polluants atmosphériques comparables à ceux d’un milliard de voitures. Une évaluation quasiment similaire à celle de l’ONG Transport & Environnement, dans une étude publiée à l’automne 2024.
Des conséquences sur les ferries vers la Corse ?
Des dispositifs similaires existent déjà dans plusieurs ports européens et internationaux et cette taxe ne nuirait pas à l’attractivité du secteur, a-t-il défendu. Sans parvenir à les faire adopter, des sénateurs de gauche et écologistes ont proposé des contributions proches mais avec un rendement plus important.
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a précisé être défavorable à la mesure. Son écriture ne permet pas, selon elle, de différencier des bateaux de croisière et les ferries. Elle s’inquiète par exemple des conséquences sur les ferries vers la Corse ou venant d’outre-Manche.
Ces votes ne sont pas encore définitifs. En effet, le projet de budget va continuer d’être examiné au Parlement jusqu’à la mi-décembre au plus tôt.