Crash évité à l’aéroport de Nice : les avions sont passés « à trois mètres près », d’après un contrôleur aérien
Dans un témoignage anonyme relayé par France 3 Paca, un contrôleur aérien niçois détaille les circonstances ayant permis d’éviter un drame à l’aéroport de Nice le 21 septembre. Il souligne la réactivité de ses collègues, le rôle du système d’alarme, et pointe le sous-effectif chronique et les problèmes d’infrastructure, alors que sa profession est montrée du doigt.
« Un miracle ». C’est ainsi qu’un contrôleur aérien de l’aéroport de Nice-Côté d’Azur qualifie l’incident survenu le 21 septembre. Ce jour-là, la collision a été évitée de « justesse » entre un vol de Nouvelair en provenance de Tunis, en approche, et un appareil EasyJet sur le point de décoller. Selon le témoignage anonyme de ce contrôleur aérien niçois recueilli par France 3 Paca, qui brise le silence imposé par sa hiérarchie, la réaction immédiate de la tour de contrôle, qui a ordonné une remise de gaz, a permis d’éviter la catastrophe. « Nous avons frôlé une catastrophe, qui n’a été évitée que grâce à la tour de contrôle », souligne le professionnel.
L’alarme de détection de mauvaise piste, active à Nice depuis trois ans, a immédiatement signalé l’anomalie. Malgré les procédures suivies par le pilote tunisien, une confusion sur la piste a failli entraîner un crash : « Visuellement, comme au radar, de jour comme de nuit, on ne peut pas savoir si un avion s’est aligné sur la mauvaise piste, car elles sont très proches », explique le contrôleur. Une interrogation a été posée au pilote, qui a affirmé viser la bonne piste. Mais, l’alarme n’étant pas levée, le contrôleur a exigé une remise de gaz, ce qui a permis d’éviter la collision.. « à trois mètres près ». « Je n’ai pas l’habitude de faire de catastrophisme, mais c’est de l’ordre du miracle. Les personnels sont très marqués », glisse le contrôleur.
D’après les premiers éléments du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), la première certitude est que le pilote de l’avion de Nouvelair s’est bien trompé de piste d’atterrissage en arrivant à Nice.
« La DGAC nous laisse jetés dans l’arène »
Le contrôleur alerte sur les défaillances d’infrastructures, notamment le balisage lumineux, insuffisant depuis plusieurs mois selon les plaintes récurrentes des pilotes : « Les pilotes se plaignent depuis plus de six mois d’une différence d’intensité lumineuse dans le balisage des pistes », explique-t-il. Par ailleurs, la procédure d’approche a été modifiée provisoirement pour les vols de nuit : priorité à la trajectoire la plus directe afin d’éviter toute confusion, quitte à générer des nuisances sonores pour les riverains de Cannes et Antibes.
Surtout, il insiste sur la question du sous-effectif chronique chez les contrôleurs aériens à Nice : l’effectif est de 70 à 72 agents actuellement, contre 90 nécessaires selon lui. La situation serait très tendue, avec des milliers de minutes de retard cumulées cet été. « Il va falloir au moins cinq ans pour rattraper le retard de recrutement », prévient-il, mais il affirme que « jamais la sécurité ne sera sacrifiée ». Enfin, depuis l’incident, il estime sa profession jetée en pâture sur la place publique, notamment depuis que le maire de Nice, Christian Estrosi, a indiqué son souhait de faire appel à des contrôleurs militaires à l’aéroport de Nice. « La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne communique pas, et nous laisse être jetés dans l’arène », glisse le professionnel.
L’ensemble du témoignage est à retrouver à cette adresse.
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