Costa Croisières : « Nous serons cet hiver les seuls à combiner Guadeloupe, Martinique et Saint Domingue »
En marge de l’IFTM, le vice-président de Costa Croisières est revenu sur sa première saison au port de Toulon, les nouveautés de la compagnie pour l’hiver 2025-2026, et les engagements du secteur.
L’Echo touristique : Vous opérez depuis Toulon depuis la mi-avril, pour la première fois depuis 2019. Comment s’est passée cette première saison, qui s’achève le 2 octobre ?
Luigi Stefanelli : Nous sommes très satisfaits, à la fois d’un point de vue commercial et en matière d’expérience client. Globalement, c’est un succès, au point que nous confirmons Toulon pour l’an prochain.
Allez-vous accélérer avec davantage de rotations à Toulon, ou rester sur le même rythme ?
Luigi Stefanelli : Nous restons sur le même schéma : deux navires à Marseille et un à Toulon. Faire « plus » voudrait dire opérer à l’année. Or nous sommes déjà à Toulon sept à huit mois. En hiver, le navire de Toulon part aux Caraïbes. Il y a peu de marge pour augmenter, à moins de changer l’un de nos deux grands navires — ce qui n’est pas notre intention.
Vous annoncez un « Tour du monde » 2026 beaucoup plus court (66 jours) que le précédent, et que celui prévu en 2027. Pourquoi ?
Luigi Stefanelli : Ce qui compte pour le client, c’est l’expérience, pas le nombre de jours. Nous avons conçu un itinéraire que personne d’autre ne propose, avec un départ du Japon — l’une des destinations les plus tendance ces trois dernières années — que beaucoup combinent avec un séjour à terre. La route Japon-Buenos Aires est unique. La durée, en soi, n’est pas un critère décisif.
N’est-ce pas trop dense en 66 jours ? Les passagers auront-ils le temps de se reposer ?
Luigi Stefanelli : Oui. Il y a des jours de navigation, qui permettent de se détendre. L’itinéraire n’est pas « trop » dense.
Que prévoyez-vous pour l’hiver à venir ?
Luigi Stefanelli : Nous déployons un navire en Asie au départ de Hong Kong, deux en Méditerranée, le Costa Smeralda et Costa Toscana, nos plus récents, deux aux Caraïbes, deux en Amérique du Sud et un aux Canaries.
Quelles sont les nouveautés marquantes pour l’hiver ?
Luigi Stefanelli : Hong Kong est totalement nouveau et se vend très bien. Les Canaries donnent aussi satisfaction. Et, point important pour le marché français : l’un des deux navires caribéens adopte un nouvel itinéraire. Nous embarquons toujours en Guadeloupe et en Martinique, et nous ajoutons un embarquement européen à Saint Domingue. Nous sommes actuellement les seuls à combiner Guadeloupe, Martinique et Saint Domingue. Par rapport à l’an dernier, le navire change aussi : après Costa Fortuna, nous positionnons Costa Fascinosa, plus grand et récemment rénové. Nous reconduisons l’itinéraire Saveur Créole, un concept lancé la dernière saison.
Allez-vous développer la formation des agents de voyages, notamment autour de l’offre hiver ?
Luigi Stefanelli : Oui, c’est déjà en ligne et partagé. Nous avons remplacé « Costa Academy », arrêtée il y a deux ans, par une plateforme repensée pour la France : « CruiseTelling ». Cette première saison a été bâtie sur les retours des agences françaises. Nous investissons encore dans la technologie et lançons une saison 2 dans les prochains jours. Nous conservons la base qui fonctionne : des agents qui parlent à des agents. Ce n’est pas Costa qui dicte quoi dire ; ce sont des pairs qui expliquent, avec leurs propres arguments, pourquoi vendre Costa. C’est sans doute ce qui rend la formation si efficace : on sent l’authenticité, un esprit de communauté.
Qu’avez-vous changé côté flotte et excursions depuis 2020 ?
Luigi Stefanelli : Nous avons investi plus de 200 millions d’euros dans une rénovation la flotte existante : espaces communs, mobiliers, parfois les plans de navires et des cabines ont été revus. À terre, nous avons refondu l’offre d’excursions, avec un discours plus simple et des expériences nouvelles. Dans de nombreux ports, nous opérons avec notre propre tour-opérateur et nos propres guides.
Le secteur de la croisière est, depuis quelques années, vivement interpellé sur l’environnement. Où se situe Costa ? Les récentes rénovations incluent elles des améliorations liées aux émissions ?
Luigi Stefanelli : Nous n’avons pas dû faire d’améliorations, puisque sommes en avance depuis des années : les navires fonctionnent soit au GNL, soit équipés de systèmes d’épuration. Cela fait également 15 ans que nous trions 100% de nos déchets à bord. Nous souhaitons également promouvoir un tourisme durable. Au-delà de la technique, nous sommes ainsi toujours ouverts au dialogue avec les autorités. Trop souvent, des décisions se prennent « depuis un bureau ». Or nous savons, un an à l’avance, pour chaque escale, combien d’Italiens, de Français, d’Espagnols seront présents, à quelle heure ils débarquent et repartent. Dîtes-nous où vous souhaitez que nous conduisions ces flux : nous sommes prêts à nous organiser en conséquences. La porte est ouverte.
