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Congrès Selectour : les compagnies n’anticipent pas de hausses tarifaires

Une table ronde particulièrement attendue a réuni, lors du congrès Selectour, les patrons de trois compagnies : Marc Rochet, Christian Vernet et Michel Mauvoisin.

Nombreux sujets abordés durant cette table ronde et c’est Marc Rochet, président Air Caraïbes/French Bee, toujours prompt à dégainer qui lancera le débat. D’emblée, il attaque, notamment sur la gestion de la crise par le gouvernement. « Certes, l’Etat a contribué à aider les compagnies aériennes, dit-il, encore faudrait-il qu’il y ait eu un peu d’équité entre les différents transporteurs ». Allusion claire à l’aide accordée à Air France, et aux autres transporteurs français réduits « à la portion congrue ». Ajoutant : « L’Etat ne peut s’empêcher de mettre les doigts dans la confiture : il se considère comme un stratège ». Et d’émettre également quelques « doutes » sur sa participation dans le « soutien » à Corsair… La possible fusion Corsair/Air Austral signifiant un plan d’aide massif. « Je souhaite que leurs discussions durent longtemps : pendant ce temps, Air Caraïbes/French Bee continuera à satisfaire ses clients. » Pascal de Izaguirre, patron de Corsair, retenu à Paris afin de gérer la « fermeture » de l’Île Maurice, n’aura pas pu lui répondre. C’est bien dommage.

Michel Mauvoisin, président d’Air Tahiti Nui, restera plus réservé. Après tout, Air Tahiti Nui fait partie intégrante (ou presque) du territoire de la Polynésie. Pour lui, cependant, la concurrence est exacerbée. « Pendant longtemps, nous avons été seuls sur la destination Polynésie. Notre but, c’est de faire venir des clients. La concurrence est arrivée, nous en avons pris bonne note ».

Quant à Christian Vernet, président La Compagnie, prudent lui aussi, il croit davantage à une reprise de voyage d’affaires… Mais pas avant plusieurs années.  Tout en soulignant que les aides d’état étaient nécessaires. Opérant sur la ligne Paris-New York, configuré uniquement en classe « affaires », il reconnait que la crise a été très lourde pour sa compagnie et qu’après quelques économies en termes de capacité, il compte se redéployer vers d’autres destinations. Notamment un Milan-New York. En revanche, étant une compagnie assez atypique, la restructuration du pavillon français ne nous concerne que de très loin.

Pas de « retour à la vie d’avant »

Marc Rochet, toujours volubile taclera également ces compagnies aériennes venues du Nord, qui n’hésitent pas à profiter honteusement des « désordres » européens pour pratiquer une politique pour le moins… irresponsables. « Ces compagnies », tout le monde » aura reconnu Norwegian, « qui ne respectent rien, couvertes de dettes, disparaissent subitement, pour revenir quelques mois plus tard, sans aucune vergogne » !

« Je ne crois pas au retour de « la vie d’avant » justifie aussi Marc Rochet. « Le monde demain ne sera pas celui que nous avons connu avant », a-t-il ajouté, répondant à Laurent Abitbol au sujet du retour de ces commissions, chères au patron de Selectour. Nous faisons partie de ces entreprises qui veulent pratiquer le juste prix. »

Michel Mauvoisin reste lui aussi persuadé qu’il faut pratiquer le juste prix. Hausse des tarifs ? Non. « Quand vous êtes en surcapacités, cela devient très compliqué ».

Christian Vernet, pour sa part, relève le problème de la concurrence qui n’incite pas les compagnies à relever leurs tarifs. Face à La Compagnie, les compagnies aériennes par exemple sont extrêmement actives et veulent faire voler leurs avions « coûte que coute. Contrairement à ce que l’on croit, les tarifs n’augmenteront pas. Les voyageurs, qu’on le veuille ou non, ne sont pas près à payer plus cher. »

Un dernier tacle de Marc Rochet a visé la SNCF et les récentes déclarations de Jean-Pierre Farrandou, son patron, qui entend « taxer » l’aérien, espérant ainsi favoriser le transport ferroviaire. En substance, il dira que la SNCF,  endettée mais régulièrement subventionnée par l’Etat (et donc par le contribuable), ferait mieux de rester… plus discrète.

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