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Club Med : et s’il y avait eu manipulation dans l’OPA ?

Quelques jours après son retrait de la course pour le rachat du Club Med, l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi envisage de porter plainte après la découverte par le Journal du Net d'"articles publiés sur des sites de médias sous de fausses identités", dans le but d'influencer les marchés.

Ce ne sont pour l'instant que des soupçons, mais leur éventuelle confirmation pourrait bien menacer l’OPA du conglomérat chinois Fosun sur le Club Med. Alors que l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi a annoncé le 2 janvier qu’il renonçait à la prise du contrôle du groupe français, après des mois de bataille boursière, il envisage désormais d’engager une action en justice pour diffusion de fausses informations destinées à discréditer son offre.

Contactée par l'AFP, une source proche du dossier a assuré mardi qu'"il y (avait) eu transmission d'éléments au parquet lundi" et qu'Andrea Bonomi "se (réservait) la possibilité de déposer plainte".

Des experts inventés de toutes pièces

L’affaire est partie d’une information diffusée par le Journal du Net (JDN), selon laquelle "des articles publiés sur des sites de médias sous de fausses identités ont cherché à influencer les marchés" au cours des derniers mois. Le JDN avoue avoir été lui-même victime de la supercherie.

Une chronique aurait notamment été écrite par "un prétendu Marc Fortin, présenté comme analyste financier au sein de la société MFR Business et qui démonte point par point l'offre établie par l'italien" Bonomi.

Mais ledit Marc Fortin n'existerait apparemment pas. "Pour donner de la crédibilité à leur soi-disant analyste financier et à son propos, les faussaires lui ont créé un compte Twitter et un CV sur le réseau professionnel LinkedIn, ainsi que sur Google+", affirme le JDN. Ils lui auraient aussi "inventé un diplôme de Grenoble École de Management et un passage par la société canadienne Home Trust Company".

Un cabinet d'intelligence économique à la manoeuvre ?

Le JDN indique qu'après avoir étudié l'origine de l'adresse IP dudit Marc Fortin, ils sont remontés jusqu'à un cabinet d'intelligence économique, IStrat, dont la spécialité est de maîtriser la "coloration de l'information" accessible au public.

Le journal affirme que la bataille autour du rachat du Club Med aurait fait apparaître plusieurs autres "experts" aux identités et motivations floues, citant un certain Guillaume Barabé, signataire d'une tribune dans les Echos, Fabrice BL auteur d'un article sur le "raid d'Andrea Bonomi", ou Alban Huet, rédacteur d'une chronique dans Economie Matin.

L'AMF pourrait lancer une enquête

Contactés par le Journal du Net, les dirigeants d’iStrat "nient que leur société soit à l'origine de telles pratiques, qui enfreignent les dispositions du Code pénal et du Règlement de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF)". Le JDN reconnaît donc qu’il est à ce stade "difficile […] d'avoir des certitudes et d'accuser l'agence iStrat directement".

Il rappelle en tout cas que le faux et l’usage de faux sont passibles de poursuites, mais également que la diffusion de fausses informations est "formellement interdite" par l’AMF. Après le feuilleton boursier, place au feuilleton judiciaire ?

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