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Christian Kempf (Grands Espaces) : « En zone polaire, la flexibilité est le maître-mot »

Le fondateur de Grands Espaces, compagnie spécialisée dans les croisières polaires, explique comment la pandémie met toujours plus à l’épreuve les opérateurs de ces régions si particulières.

L’Echo touristique : Grands Espaces est spécialisé dans les voyages en zone polaire. Des voyages qui semblent difficiles à envisager, vu le contexte pandémique…

Christian Kempf : C’est vrai qu’entre mars 2020 et juillet 2021, l’ensemble de l’Arctique (Russie, Canada, Alaska, Groenland, …), qui est notre cœur de destination, était totalement fermé. Mais, cet été, la Norvège a eu la bonne idée de rouvrir le Spitzberg, qui est l’un des plus beaux archipels de cette région. Très vite, nous avons décidé d’y positionner trois bateaux. Nous exploitons deux yachts polaires de 12 cabines, et un navire de 80 à 100 cabines. Contrairement aux grandes unités, nous pouvons nous positionner en moins de 15 jours. C’est ce que nous avons fait. Et l’été a été fantastique.

Vous avez réussi à convaincre la clientèle ?

Christian Kempf : La très grande majorité des clients qui sont partis avec nous cet été sont des clients fidèles, qui disposaient d’un avoir. Nous les remercions, d’ailleurs, d’avoir maintenu leur confiance. Nos clients ont souvent une très grande expérience du voyage, et ils savent qu’en zone polaire, la flexibilité est le maître-mot. Nous évoluons dans des environnements dangereux, loin de tout, où la faune et la nature sont très dangereuses. Ce sont des régions difficiles, où l’improvisation s’élève au rang d’art. Nos clients savent que les contraintes et les imprévus sont nombreux à destination, et ils se montrent aussi flexibles que nous. Cet été, certains ont accepté de changer de bateau, etc… Nous les en remercions vraiment. Ils n’ont pas regretté : il n’y avait aucun touriste dans l’Arctique cet été. Mais les ours, les orques et les baleines, eux, étaient bien là.

Vous avez pu écouler tous les avoirs ?

Christian Kempf : L’année dernière, 92% de nos clients ont décidé de reporter leur voyage. Cette année, ils sont 85%. Il nous reste donc 15% de clients qui ont demandé un remboursement. Pour les autres, la plupart se sont positionnés sur 2022 qui sera, je l’espère, la véritable année de la reprise. Nous avons déjà des clients pour chacun de nos 52 départs prévus dans l’Arctique en 2022, et certaines croisières sont même déjà complètes. Nous proposons également une quarantaine d’autres départs, en Antarctique (alors que le Chili vient d’annoncer la réouverture de ses frontières, NDLR), en Islande et en Amazonie. 2022 devrait être une belle année.

Vous êtes confiants, malgré les incertitudes liées à l’évolution de la pandémie ?

Christian Kempf : Nous sommes dans la même situation que tous les tour-opérateurs : traverser la tempête du Covid-19 n’a pas été une mince affaire. Grâce à notre gestion rigoureuse, à notre trésorerie et à la confiance des clients – nous aurions été en grande difficulté s’ils nous avaient tous demandés de les rembourser – nous sommes en train d’y parvenir. En y laissant quelques millions d’euros au passage, malheureusement. Mais, à condition que la situation sanitaire se maintienne ou s’améliore, nous sommes confiants pour l’année prochaine. La pandémie a aussi modifié les attentes du marché, et nous pensons être très bien positionnés pour continuer de gagner des parts de marché dans les zones polaires.

Ce sont des destinations dans lesquelles la concurrence s’intensifie

Christian Kempf : Les croisières polaires avaient le vent en poupe, avant la pandémie, c’est sûr. Il y avait déjà cette tendance du voyage sur des petits navires, du voyage moins fréquent mais exceptionnel. Nous sommes en plein dedans. Nos destinations exigent une expertise qui ne s’improvise pas. Elles sont accessibles aux individuels, c’est vrai, mais les obstacles sont nombreux. A commencer par l’obligation de sortir armé d’un fusil de chasse de l’aéroport. Et donc d’obtenir les autorisations nécessaires. Nous avons toujours fait la promotion d’un tourisme raisonnable, qui protège, fortement encadré, à l’impact environnemental minimum. Ça a toujours été notre crédo, et nous pensons pouvoir répondre à de nombreuses attentes à la sortie de la pandémie.

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