Bulgarie : le tourisme espère profiter de l’entrée dans la zone euro
La Bulgarie est devenue le 1er janvier 2026 le 21e membre de la zone euro. Une transition historique dont compte bien profiter son secteur touristique.
Dix-neuf ans après son adhésion à l’Union européenne (2007), et un an après avoir rejoint l’Espace Schengen, la Bulgarie est devenue le 21e membre de la zone euro. Plus européenne que jamais, la destination espère voir son attractivité touristique renforcée pour les 350 millions d’Européens qui partagent désormais sa monnaie.
Les hôteliers, restaurateurs et agences de voyages bulgares l’ont bien compris et se préparent à une hausse des flux touristiques. L’exemple croate, qui a rejoint la zone euro en janvier 2023, offre un aperçu des bénéfices potentiels. Le pays a enregistré une augmentation de 8% des touristes en provenance de la zone euro dans les huit mois suivant l’adoption de la monnaie unique, dans un contexte de forte reprise post crise sanitaire.
Le tourisme de proximité en profite déjà
Si la Bulgarie anticipe un effet plus modéré, les professionnels du secteur tablent néanmoins sur une progression significative des arrivées européennes. Cette simplification des transactions va d’abord profiter au tourisme de proximité. Ainsi, les Grecs, et plus particulièrement ceux du Nord, pourront par exemple découvrir le ski sur les domaines bulgares, tandis que les Bulgares accèderont plus facilement aux plages grecques.
A Roussé, dans le nord de la Bulgarie, l’adhésion du pays à l’UE a permis la suppression des postes frontières avec la Roumanie et l’arrivée massive de touristes roumains et des Balkans occidentaux. Le tourisme religieux se développe, et les professionnels bulgares du tourisme se mettent au roumain. De bon augure, en attendant que les grands marchés touristiques d’Europe occidentale (Allemagne, France, Belgique, Espagne…) placent la Bulgarie sur leur carte.
Au-delà des seuls flux touristiques, l’adhésion à la zone euro facilite les investissements dans le secteur. Les banques bulgares ont désormais accès aux facilités de crédit de la Banque centrale européenne, ce qui leur permet d’offrir des prêts à des taux plus avantageux. Une opportunité à saisir pour les PME du tourisme, souvent contraintes par des difficultés d’accès au capital.
L’euro ne suffit pas à créer une dynamique touristique durable
Localement, l’adoption de l’euro suscite toutefois des craintes liées à l’inflation. Les expériences slovène en 2007 et croate en 2023 montrent que les effets d’arrondi peuvent provoquer une légère hausse des prix, particulièrement dans la restauration et les services. Et de nombreux Bulgares, surtout les plus âgés et les habitants des zones rurales, craignent une envolée des prix qui pourrait éroder leur pouvoir d’achat. La période de transition, qui a débuté en août 2025 avec l’affichage obligatoire des prix en lev et en euro, se poursuit en janvier 2026 avec une circulation duelle des deux monnaies pendant un mois.
La Bulgarie connaît également une crise politique durable. Après plusieurs semaine de manifestations contre la corruption, le gouvernement bulgare a démissionné à la mi-décembre 2025. Le pays, le plus pauvre de l’Union européenne, a connu sept élections législatives en trois ans. Une instabilité qui pourrait nuire à la confiance des investisseurs. Et contrebalancer la nouvelle rassurante que constitue l’adoption de l’euro, désormais acquises et irréversible.
La monnaie unique constitue donc une opportunité indéniable, pour la Bulgarie, d’accélérer son développement touristique. Mais elle ne suffira pas, seule, pour créer une dynamique durable. En 2025, le tourisme a pesé 8,4% du PIB bulgare, qui s’élève à environ 108 milliards d’euros.
