Bourse : les entreprises « voyage et loisirs » emportées dans la tempête
La bourse chute, les valeurs touristiques cotées aussi. Si le mouvement continue, des conséquences sociales sont à redouter.
Comme les autres, les entreprises « Voyage et loisirs » cotées à la bourse de Paris prennent le bouillon. Depuis le début de l’année, les actions de ce secteur ont perdu plus de 25 % de leur valeur, suivant à peu près l’évolution du CAC 40 qui, du 1er janvier à la semaine dernière, a reculé de plus de 23 %. Certains groupes se retrouvent aujourd’hui dans le rouge. C’est le cas d’Air France dont l’action a baissé de 58 % depuis le 1er janvier, fragilisant sa position vis-à-vis de ses concurrents comme Lufthansa ou IAG. Sur la même période, le groupe allemand n’a reculé « que » de 36 %, presque autant que l’entité formée de British Airways et de Iberia, cotée depuis le 24 janvier 2011. Les analystes financiers ne s’y sont pas trompés. Mercredi dernier, RBS (Royal Bank Of Scotland) a dégradé l’action du transporteur de « conserver » à « vendre ». De son côté, l’action de P&V a perdu 40 % de sa valeur depuis début 2011 et Accor aura bien besoin de son nouveau plan stratégique pour remonter les 36 % de valeur perdue en neuf mois.
FAIRE DES ÉCONOMIES ET RÉDUIRE LES EFFECTIFS
Des groupes comme Voyageurs du Monde ou le Club Med limitent la casse à – 20 %, mais il faut s’appeler Eurodisney ou être gestionnaire de parc hôtelier ou même d’hôtellerie de plein air comme Homair pour éviter la glissade. « Ces valeurs sont emportées dans le jeu de massacre de la dette grecque alors qu’elles n’ont rien à y faire », remarque Marc Touati, directeur financier chez Assya Compagnie financière. « Si la crise dure, nous entrons en récession durable, mais si la Grèce est sauvée, comme c’est probable, alors, les entreprises sous-évaluées deviennent des proies pour des acheteurs hostiles », poursuit-il. L’exemple de TUI confirme ses propos (voir ci-dessous). Le danger n’est pas que capitalistique : « Les besoins en financement des entreprises de tourisme seront plus chers, décourageant d’autant plus les investisseurs, continue Marc Touati. Et à moyen terme, leurs problèmes de financement se retrouveront dans leur bilan. Il leur faudra alors faire des économies et notamment réduire leurs effectifs ». Air France a ainsi annoncé son intention de prolonger le gel des embauches et de lancer un nouveau plan d’économie de l’ordre de 800 ME.
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