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Bamako Le marigot du caïman

« Bamako a beau avoir démesurément grossi, passant de 600 habitants à la fin du xixe siècle, au début de la colonisation française, à 1,6 million aujourd’hui, la capitale du Mali est toujours un gros village. L’archétype de la métropole africaine : encombrée, poussiéreuse, désordonnée mais toujours bon enfant. Tout le monde semble s’y connaître, et tout s’y échange, se marchande, se récupère et se recycle, comme dans un gigantesque souk.

Bamako a beau avoir démesurément grossi, passant de 600 habitants à la fin du xixe siècle, au début de la colonisation française, à 1,6 million aujourd’hui, la capitale du Mali est toujours un gros village. L’archétype de la métropole africaine : encombrée, poussiéreuse, désordonnée mais toujours bon enfant. Tout le monde semble s’y connaître, et tout s’y échange, se marchande, se récupère et se recycle, comme dans un gigantesque souk. Il y a bien sûr quelques marchés réglementés, le marché Rose, celui de Médine ou encore la grande maison des artisans. Mais chaque rue a ses étals, chaque quartier (bougou) ses spécialités. Quoiqu’on cherche, on trouve… Nécessaire de marabout (crâne de singe, pâtes de coq, grigris magiques et poudre de perlimpinpin) ou pagne de ses rêves, dans les montagnes de tissus colorés que les échoppes de tailleurs entassent dans un joyeux désordre. Et puis aussi bassines multicolores, médicaments en vrac, tongs à gogo… Il y a des voitures, des motocyclettes partout, des troupeaux de chèvres dans les ruelles, et un ballet incessant de gens qui vont et qui viennent, affairés ou nonchalants, c’est selon… Bamako n’est souvent qu’une porte d’entrée ou de sortie, et les circuits lui consacrent peu de temps. C’est dommage, car le marigot du caïman, traduction littérale de son nom en langue bambara, la principale ethnie du pays, réserve de belles surprises. Ainsi cette visite au Musée national, Quai Branly en miniature. Mais là au moins, les trésors des Arts Premiers, fétiches, masques et autres statuettes, se découvrent sans bousculade ni longue queue. Un vrai bonheur !

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