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[#AWFT21] Un rapport prône une taxe « indexée sur la fréquence des voyages et la distance »

Un rapport d’ingénieur et de professionnels de l’aéronautique propose des mesures ambitieuses et sans concession pour accélérer la transition écologique de l’aérien.

« Peu de secteurs occupent dans le paysage de la transition énergétique une place aussi singulière que l’aviation. Industrie de pointe à l’impact climatique négligeable pour ses défenseurs, lubie des ultra-riches rompus à l’exercice de minimiser leurs émissions pour ses détracteurs, elle génère des avis clivants et des oppositions parfois stériles. »

Ce sont par ces mots emprunts de sagesse que s’ouvre le rapport « Pouvoir voler en 2050, quelle aviation dans un monde contraint ? » rendu par Supaero Decarbo, un collectif engagé d’anciens élèves de l’ISAE-SUPAERO préoccupé par le changement climatique, et Shift Project, un think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone.

Avant 2050, un budget épuisé

Selon ce rapport très argumenté, la croissance modélisée du trafic aérien d’ici à 2050 n’est pas compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Et ce, même si les avions « décarbonés » entraient en service dans les temps.

En effet, selon le rapport, « les émissions de CO2 ont augmenté de 42% entre 2005 et 2019 du seul fait de la croissance du trafic » – mais ont chuté en 2020. « Ramenés au nombre de voyageurs uniques », ces niveaux « prennent une tout autre dimension » : en 2018, 1% de la population mondiale était responsable de 50% des émissions du secteur. Même dans un scénario optimiste, avec un avion à hydrogène dès 2035, et l’utilisation de carburants alternatifs, tout le « budget carbone » de l’aérien serait épuisé quand même avant 2050. Ce sont d’ailleurs ces problématiques qu’abordera le forum mondial A World For Travel.

Limiter l’aviation d’affaires

Ce rapport ambitieux ne se contente pas de chiffrer l’ampleur du défi. Il propose la définition et l’instauration d’un budget carbone pour le transport aérien. Il chiffre les mesures de décarbonation à proposer au secteur via une analyse par scénario et souhaite soumettre « deux scénarios de décarbonation à l’épreuve du budget carbone, afin d’en tirer des conclusions ». Enfin il liste les mesures de décarbonation activables rapidement au niveau national.

Les deux scénarios envisagés sont simples. Le premier, plus « optimiste », prévoit la suppression des vols de moins de 4 h 30 remplaçables par le train, la limitation de l’aviation d’affaires, le renouvellement de tous les avions anciens en quinze ans (contre vingt-cinq ans aujourd’hui), « la production de carburants alternatifs, avec une priorité donnée au transport aérien » et une meilleure densification des cabines. Le second scénario, plus pessimiste, envisage une mutation plus longue à cette mutation, au moins cinq ans de plus…

Autre solution envisagée, la limitation de la croissance du trafic, via par exemple une « taxe progressive indexée sur la fréquence des voyages et la distance parcourue ». Rappelons toutefois que, pour l’heure, l’aérien est en décroissance, et ce, jusqu’en 2023 au minimum selon différents experts.

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1 commentaire
  1. POIROUX dit

    Il serait nécessaire, à chaque fois que ce type de message est diffusé dans les média, que les journalistes aillent un peu plus loin dans l’investigation ne serait-ce que pour clairement identifier les sources et les intérêts des auteurs. Je vous engage donc à publier la liste des financiers de ce Shift Project, institution très riche, dite indépendante; en réalité lobby de bétonneux, de gestionnaires et financeurs de transports terrestres.
    Bien à vous

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