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ANDRÉ LOESEKRUG-PIETRI, PRÉSIDENT DU FONDS D’INVESTISSEMENT SINO-EUROPÉEN A CAPITAL : « Le Club Med doit rester français »

Si l’OPA lancée le 27 mai par ses deux actionnaires de référence, le Chinois Fosun et le Français Axa Private Equity, réussit, le Club Med entamera une nouvelle étape de son processus de transformation. Au risque de passer sous pavillon chinois ?

L’Écho touristique : Vous êtes à l’origine de l’investissement du Chinois Fosun en 2010 dans le capital du Club Med. Qui est ce groupe ?

André Loesekrug-Pietri : Fosun est un conglomérat chinois créé à Shanghai en 1992. En 2010, il cherchait à se développer à l’international et à investir dans le secteur du luxe. Nous l’avons convaincu d’investir à nos côtés dans le Club Méditerranée, une marque mondiale avec une forte visibilité. C’était la première fois qu’un groupe chinois s’associait à un fond européen pour aider une société française à réussir en Chine. À cette époque, le Club réfléchissait à une implantation en Chine mais de façon traditionnelle, en créant une joint-venture comme il l’a fait sur d’autres marchés. L’entrée au capital de Fosun lui a permis d’aller beaucoup plus vite.

C’est-à-dire ?

Fosun a aidé le Club Med à accélèrer son développement en Chine, à identifier les sites pour ouvrir ses Villages. Il a accompagné la réfléxion dans le lancement de la marque by Club Med et a permis de pénétrer beaucoup plus rapidement les réseaux de distribution pour attirer la clientèle chinoise dans ses autres Villages du monde entier, soit un vrai partenariat stratégique. Les Chinois seront la deuxième clientèle du Club en 2015 derrière les Français avec 200 000 GM contre 70 000 aujourd’hui. L’annonce de l’OPA les a un peu occultés, mais les résultats semestriels publiés par le Club Med sont bons grâce à cette forte exposition chinoise. Le moteur de la croissance est là, dans un environnement économique compliqué. La Chine représente à elle seule 40 % de la croissance mondiale.

En quoi cette OPA est-elle amicale ?

C’est une Offre publique d’achat qui se fait avec l’assentiment du management. Le Club Med a toujours souffert de ne pas avoir un actionnariat de référence stable. Cela devrait permettre au management et à la société de se donner du temps pour poursuivre la stratégie de montée en gamme. Les groupes chinois qui investissent à l’international font peur parce qu’on ne les connaît pas. On ne sait rien de leurs dirigeants ni de leurs stratégies. Ce n’est pas dans leur culture de se présenter. Dans cette opération, A Capital a été le tiers de confiance, qui a permis d’identifier un partenaire fiable et axée sur le long terme. Fosun est là d’abord pour accompagner la transformation du Club et accélérer son développement.

Sans risque de l’absorber complètement d’ici à 5 ans ?

Cela ne serait économiquement pas pertinent. Avoir de l’ADN chinois est important pour se développer en Chine mais le Club Med doit rester français. C’est un produit français, un état d’esprit français qu’achète la clientèle chinoise. L’opération prévoit donc de maintenir un contrôle majoritaire français avec une vraie implication du management, ce qui sera un autre moteur de motivation et de croissance. Les dirigeants de Fosun sauront trouver le bon équilibre.

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