Airbnb dans le viseur : 40% des locations menacées sur la Costa Brava
Sur la Costa Brava, en Catalogne, un décret risque d’entraîner la disparition de 40% des annonces type Airbnb, alerte une association régionale du secteur.
Les acteurs locaux des locations saisonnières sont vent debout contre le futur cadre réglementaire. Selon l’Association touristique des appartements Costa Brava-Pyrénées de Gérone (ATA), le décret 3/2023 menace 40% des locations courte durée d’ici trois ans, soit « des milliers d’entreprises et d’emplois ».
Sur fond de crise du logement
« Nous estimons que, sur la Costa Brava et dans la province de Gérone, plus de 17 000 des 40 000 locations touristiques pourraient disparaître d’ici 2029, déclare Esther Torrent, présidente de l’ATA. Là où, parfois, il n’existe pas d’autres hébergements touristiques. »
Le décret 3/2023 donne aux municipalités le pouvoir de réguler ou d’interdire les annonces type Airbnb d’ici 2029. Barcelone a choisi de totalement les proscrire, en invoquant surtout la crise du logement. Le nouveau cadre prévoit ainsi dix logements touristiques pour 100 habitants, dans des zones parfois faiblement peuplées.
Le débat est ailleurs selon l’ATA. Pointer du doigt le tourisme face à la pénurie d’habitations représente pour ses membres « un discours populiste qui ne correspond en rien à la réalité ». D’après l’association, 75% des licences de locations saisonnières (HUT) sont des résidences secondaires. Elles ne rejoindront donc jamais le parc locatif de longue durée, complète-t-elle.
Lutter contre les annonces illégales
Pour l’association, les administrations doivent renforcer les inspections pour lutter contre l’activité illégale, « cesser de diaboliser » ceux qui travaillent « dans les règles » et « contribuent au PIB ».
Esther Torrent estime que les locations type Airbnb de la région –environ 100 000– injectent trois milliards d’euros par an dans l’économie. « Le décret menace aussi des restaurants et des commerces locaux d’alimentation de villages touristiques. Des municipalités y sont d’ailleurs opposées » comme « Playa d’Aro, L’Escala, Pals, Begur ».
Quelle est l’ampleur des annonces illégales postées sur Facebook et d’autres plateformes telles que WhatsApp ? Difficile de répondre, puisque leurs auteurs « ne paient pas les taxes touristiques. C’est impossible de connaître précisément leur nombre. Mais oui, c’est un vrai problème ».