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Air France a déjà perdu 1,8 milliard d’euros et repense sa masse salariale

Ben Smith, le PDG d’Air France, va entamer ses discussions avec les syndicats français sur une éventuelle réduction de ses effectifs.

Le groupe Air France-KLM a mesuré les premiers effets du Covid-19 sur son trafic, évoquant une perte nette de 1,8 milliard d’euros au premier trimestre. Et il anticipe des retombées encore plus désastreuses pour ses finances d’ici l’été. Le transporteur aérien franco-néerlandais, qui doit recevoir une aide de 7 milliards d’euros de l’Etat français pour garder la tête hors de l’eau, a fait état d’une baisse de capacités de 10,5% au premier trimestre (-35% en mars). Il prévoit un effondrement de 95% pour le deuxième trimestre et de 80% au troisième, selon un communiqué. En milieu de matinée, le titre Air France-KLM était en baisse de 3,70% à la Bourse de Paris.

Air France-KLM, qui a recours au chômage partiel, a plus que quintuplé sa perte au premier trimestre par rapport à la même période de 2019 (-324 millions d’euros). Ces résultats ne reflètent pour l’instant que l’impact du Covid-19 en mars, alors que l’année avait « très bien commencé en janvier et février », a commenté le directeur financier du groupe Frédéric Gagey.

« Pas de suppression d’emplois » chez Air France

« Nous travaillons sur un nouveau plan pour que le groupe Air France-KLM retrouve sa compétitivité dans un monde profondément bouleversé. Et réaffirme son leadership dans la transition durable du transport aérien. Ces nouvelles orientations seront présentées dans les prochains mois », a indiqué le directeur général du groupe, Benjamin Smith.

Une réunion de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) est prévue, selon la direction, en juin pour définir les contours de ce plan et les « adaptations nécessaires » en terme d’emplois. Le plan de « reconstruction » d’Air France, qui passe par une réduction de l’activité sur ses vols intérieurs, aura « un impact social » avait déjà prévenu Ben Smith.

Cette réunion est « l’annonce de discussions et pas de suppressions d’emplois », a commenté ce jeudi matin sur France 2 le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ajoutant que Ben Smith avait fait état « beaucoup plus de départs volontaires que de suppressions fermes d’emplois » évoquant une « pyramide des âges chez Air France un peu différente des autres compagnies aériennes ».

Pas de retour à la normale « avant plusieurs années »

Le groupe Air France emploie 53.000 salariés dont 18.800 sont âgés de plus de 50 ans. La Commission européenne a déjà autorisé lundi la France à octroyer un soutien de 7 milliards d’euros à Air France, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l’Etat et 3 milliards de prêt direct de l’Etat, avec en contrepartie des engagements sur l’amélioration de sa rentabilité et sur le plan environnemental.

Le groupe prévoit « une lente reprise de l’activité à l’été 2020, avec la levée progressive des restrictions aux frontières », mais estime que la demande du trafic commercial « ne devrait pas revenir au niveau d’avant la crise avant plusieurs années ». Selon Frédéric Gagey, le transporteur table dans un premier temps sur la reprise des voyages liés aux besoins de retrouvailles familiales ou amicales après la longue période de confinement, mais également sur ceux entre la métropole et les départements et territoires d’Outre-Mer.

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