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Air Cocaïne : deux pilotes français condamnés à 20 ans de prison

Quatre Français, dont deux pilotes de ligne, ont été condamnés vendredi 14 août à des peines de 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogues. Le syndicat de pilotes SNPL dénonce un "verdict injuste".

Deux ans et demi après leur arrestation sur le tarmac de Punta Cana, en République dominicaine, les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany ont été condamnés vendredi 14 août à 20 ans de prison.

Ils avaient été interpellés dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, alors qu'ils s'apprêtaient à décoller de l'aéroport de Punta Cana à bord d'un Falcon 50 où se trouvaient 680kg de cocaïne, répartis dans 26 valises. L'avion appartenait au lunetier français Alain Afflelou, mais avait été affrété par une société de location, SN-THS, installée à Bron (France).

Les pilotes et le passager font appel

Les quatre hommes ont été reconnus "coupables du crime d'association en vue de (…) posséder des drogues illicites", a lu la secrétaire du tribunal, à l'issue des délibérations qui ont duré dix heures. Sur les dix Dominicains poursuivis pour complicité dans cette affaire, six ont été acquittés, quatre autres écopant de peines allant de 5 à 10 ans de prison.

L'avocate des pilotes français, Me Maria Elena Gratereaux, a immédiatement annoncé qu'elle ferait appel, de même que Nicolas Pisapia. M.Castany a lui quitté immédiatement la salle après la lecture de la décision.

Les quatre Français, qui comparaissaient libres après 15 mois de détention provisoire, le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive, mais ne pourront pas quitter la République dominicaine. Ils ont toujours clamé leur innocence.

Le SNPL s'indigne du verdict

Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes avaient tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion. Un avis que partage le syndicat de pilotes SNPL France ALPA. Dans un communiqué daté du 17 août, il fustige le verdict "injuste et inhumain" infligé à Pascal Fauret et Bruno Odros.

En effet, selon le syndicat, leurs défenseurs "ont pourtant démontré à la Cour que le vol était un vol commercial et que dans ce cadre, les pilotes, conformément aux règles internationales ne pouvaient être tenus pour responsables du contenu des bagages de leurs passagers". De même, le procureur dominicain "n’a apporté aucune preuve à charge contre les pilotes qui ont eu pour seul tort d’exercer leur métier et de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment".

Inquiétude pour la sécurité des équipages

Plus largement, le SNPL s’inquiète de "la sécurité juridique des pilotes et des équipages en République dominicaine", estimant que les deux pilotes français "paient très cher l’incapacité de l’Etat Dominicain à assurer les contrôles de sûreté des bagages et des passagers qui sont pourtant de son seul ressort dans le cadre d’un vol commercial". Le syndicat incite donc "dès aujourd’hui à faire preuve de la plus grande circonspection dans la réalisation de ces vols".

Le syndicat se mobilise depuis les débuts de l'affaire. En février 2014, afin de faire pression sur les autorités pour obtenir le jugement rapide des pilotes, il avait  appelé au boycott de la destination par le personnel navigant, obligeant certaines compagnies, notamment Air France, à revoir leur desserte vers la République dominicaine.

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