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Acquisitions, commissions, surcharge Air France, les 3 combats de Laurent Abitbol

Grandir et mieux gagner sa vie, en mettant la pression sur Air France et la SNCF, c’est l’ambition du président de Marietton.

Laurent Abitbol, président de Marietton Développement, est confiant. Son actionnaire américain Certares, qu’il a récemment rencontré à New York, l’encourage à faire de la croissance externe. « Nous avons des budgets pour acquérir en 2022. » Certares est prêt à accorder « des dizaines de millions d’euros » à Marietton, assure Laurent Abitbol. « Nous sommes dans un esprit de conquête. Certares a les moyens de nos ambitions. »

C’est donc en France que les projets de rachat sont prévus. Mais aujourd’hui, rien n’est sur la table. Aucune négociation n’a démarré. « Beaucoup de gens veulent vendre, mais pas au prix Covid », regrette Laurent Abitbol. Pendant la crise, le groupe lyonnais s’est contenté de racheter le voyagiste Austral Lagons, ainsi que cinq agences de voyages. « 3 à 4 agences » devraient être acquises dans d’ici le mois de mars.

Le combat des commissions dans l’aérien…

Le président de Marietton, et du directoire de Selectour, a aussi évoqué une autre priorité, déjà affichée lors du congrès Selectour en Tunisie, et qui avait fait sourire des adhérents. « Je voudrais que les commissions reviennent, et j’ai plus d’un tour dans mon sac », assure-t-il. C’est un combat qu’il veut mener avec les Entreprises du Voyage et d’autres réseaux. D’autant plus que la crise du Covid a apporté une légitimité à l’industrie et à ses 40 000 emplois, estime le président de Marietton.

« Je fais un gros lobbying politique là-dessus. Je demande officiellement à Air France de repousser d’au moins 8 mois la surcharge NDC dans le voyage d’affaires, jusqu’à ce que Amadeus fasse le nécessaire pour que cela marche. Pour l’instant, le NDC ne marche pas. En faisant cela, je protège toute la profession. Nous irons jusqu’au bout. » Quitte, sans doute, à tester des recours juridiques si les négociations à l’amiable achoppent. 

Christophe Jacquet (Havas Voyages), Jean-Noel Lefeuvre (Selectour), Laurent Abitbol (Marietton), Arnaud Fontanille (Marietton) et Jean-Marie Seveno (ASHA). © Linda Lainé

… et le transport ferroviaire

La surcharge de 26 euros (13 euros par trajet sur Air France), attendue le 1er mai dans le voyage d’affaires « est un danger extrême pour nos entreprises », juge Laurent Abitbol. « C’est (le résultat d’) une bataille entre Amadeus et Air France, et nous sommes les victimes. »

« J’ai demandé que la surcharge loisir, déjà en place, soit aussi enlevée. L’Etat a beaucoup aidé Air France – 11 milliards d’euros – il faut que la compagnie pense à nous -les petits- et qu’elle ne nous écrase pas. »

Le retour à la commission, Marietton et sa garde rapprochée veulent aussi le réclamer à la SNCF. « Si nous émettions uniquement du rail, nous perdrions 6 millions d’euros par an, a souligné Christophe Jacquet, directeur général d’Havas Voyages (Marietton). Nous sommes maltraités depuis des années, avec le sourire. » Christophe Jacquet dénonce aussi le fait que les billets Ouigo soient inaccessibles aux agences. Pour lui, la SNCF est ainsi coupable de discrimination, concurrence déloyale et abus de position dominante. « C’est par cet angle-là que nous pourrons traiter le problème », ajoute-t-il.

Reprise et campagne de pub

En attendant l’issue de ces longues tractations avec les transporteurs, le groupe se réjouit du vent actuel de reprise. Les 450 agences de Marietton Développement sont à 91% de l’activité de 2019, sur les 15 premiers jours de février. Les agences Selectour suivent des tendances comparables. Dans le business travel, la reprise n’est que de 40% en janvier, et de 60% en février. « Je pense que l’activité va reprendre d’ici 15 jours dans le voyage d’affaires, mais pas autant » qu’avant la crise, estime Laurent Abitbol. « Notre objectif est de séduire plus d’entreprises pour compenser », ajoute-t-il

Afin d’accompagner la reprise, la marque et les conseillers Selectour seront au cœur d’une grande campagne télévisée (1640 spots) sur les chaînes du groupe TF1 surtout. Deux clips différents seront ainsi diffusés, du 28 février au 31 mars, pour un budget d’environ 1,5 million d’euros. Quant à Havas Voyages, qui se positionne comme un réseau de spécialistes, il a choisi une campagne publicitaire dans la presse écrite d’environ un million d’euros, en démarrant la semaine prochaine avec Madère à l’honneur.

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Des PGE et une réorganisation

Pour faire face à la crise du Covid-19, Selectour a contracté un Prêt garanti par l’Etat (PGE) de 6 millions d’euros qui n’a pas été utilisé, ajoute Laurent Abitbol. « Nous avons réussi à équilibrer les comptes, sans toucher aux fonds propres depuis 2019. La reprise est bonne et douce. »

Marietton, lui, a obtenu un PGE de 30 millions d’euros, qu’il garde également en réserve. « Nous avons perdu seulement 12 millions de trésorerie en deux ans. Les aides d’Etat, j’ai dit merci à Emmanuel Macron au nom des salariés de Selectour et de Havas. Si nous sommes là, avec un pouvoir d’investissement énorme, c’est grâce à lui. »

Havas Voyages a profité de la crise pour se réorganiser Havas pendant le Covid en séparant l’affaires du loisir. Les 250 agences Havas intégrées sont uniquement tournées vers le tourisme et de petits comptes d’entreprises. Quant aux 19 plateaux d’affaires, ils gèrent tout le reste. En sept-dec, 75%, puis 91% en décembre.

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