Par la Loire, 60 kilomètres séparent Nantes de Saint-Nazaire et l’océan. Depuis 2007, cet estuaire extraordinaire par sa biodiversité et son patrimoine industriel a été investi par un projet artistique d’envergure baptisé Estuaire. L’idée, réussie, de cette biennale qui trouvera son épilogue cet été est d’installer une exposition d’art contemporain au grand air, de bâtir une collection permanente à ciel ouvert. Des artistes venus du monde entier ont créé sur une trentaine de sites des oeuvres, éphémères ou pérennes, qui composent avec le paysage un décor inédit. Monumentales comme ce pendule dans une ancienne centrale à béton près du petit port de Trentemoult, ludiques et étonnantes comme cette drôle de Villa Cheminée plantée à 15 mètres de hauteur et que l’on peut louer à la nuit, dans l’eau ou sur l’eau, visibles des rives ou du fleuve, elles révèlent un parcours touristique encore secret et sont autant de prétextes à musarder, à pied ou en vélo, jusqu’au grand océan. Dédales de petits chemins, enchevêtrements d’étiers, on prend l’art, à plein poumons, à quelques kilomètres du centre ville.