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Airbus : la menace d’une grève illimitée en Espagne fragilise les objectifs de livraison 2026

Une grève à l’usine de Getafe, dans la banlieue de Madrid, a pris de l’ampleur et s’est étendue aux autres sites de production espagnols. Après une première mobilisant en juillet, le mouvement pourrait reprendre fin août.

Le bras de fer social s’intensifie chez Airbus en Espagne. Après un premier mois de contestation juillet et une accalmie relative pendant la période des congés annuels, le constructeur aéronautique fait face à un préavis de grève illimitée à partir du 25 août. Pour accompagner ses négociations et tenter de surmonter le blocage, la direction a fait appel au cabinet d’avocats d’affaires international Baker McKenzie.

Écarts de salaire

La situation s’est toutefois tendue fin juillet, à la suite du rejet d’un projet d’accord. Négocié entre la direction et plusieurs organisations syndicales, ce compromis prévoyait une revalorisation salariale pouvant atteindre 12%, le versement d’une prime de 2 000 euros, la garantie de deux jours de télétravail par semaine ainsi que des aménagements sur les congés. Soumis au vote des salariés, le texte a été repoussé de justesse par un référendum interne, recueillant 49,15% de votes contre et 45,95% de votes pour. Les syndicats CGT, UGT et ÚTIL ont alors maintenu leur appel à la mobilisation, et prévu une assemblée générale décisive le lundi 24 août, avant une grève à temps plein dès le lendemain.

Les revendications portées par l’intersyndicale dépassent la simple question statutaire. Outre la compensation de la perte de pouvoir d’achat constatée depuis la crise sanitaire et le maintien formel des règles de travail, les représentants du personnel réclament une plus grande souplesse dans la planification des congés et des garanties sur le maintien de salaire en cas d’incapacité temporaire. En filigrane, subsiste également le débat sur l’écart des rémunération avec les sites français et allemands du groupe, qu’Airbus explique traditionnellement par les différences de coût de la vie.

Impact sur les livraisons

Sur le plan industriel, la perspective d’un prolongement de la grève menace une période charnière pour l’avionneur. L’Espagne compte environ 14 000 salariés du groupe, dont 9 000 sur le site de Getafe, et fabrique des appareils pour la quasi-totalité des gammes civiles (A220, A330, A350). Si Airbus affirme que les livraisons commerciales n’ont pas été affectées à ce stade, les arrêts de travail de juillet ont entamé les marges de flexibilité interne.

L’enjeu est donc direct sur les engagements annuels du groupe. Avec 418 appareils civils remis aux clients à la fin juillet, Airbus doit encore assurer 452 livraisons d’ici fin décembre pour atteindre son objectif – 870 avions livrés sur l’année, soit une cadence d’environ 90 livraisons mensuelles. Pour atteindre son objectif de 7,5 milliards d’euros de bénéfice opérationnel, Airbus ne peut se permettre aucun dérapage industriel. Les négociations menées avant le 24 août seront donc décisives pour éviter la paralysie de ses sites espagnols.

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