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Yves Tyrode, directeur général de VSC : « Voyages-sncf.com sera en dessous des 15 % de croissance en 2011 »

Porte-étendard digital de la SNCF, Voyages-sncf.com garde le cap sur la croissance. L'agence en ligne a réalisé un volume d'environ 3,2 milliards d'euros en 2011. Son directeur général Yves Tyrode se réjouit de la stabilisation du volume d'affaires hors train, après deux années de baisse.

L'Écho touristique : Quel est le bilan 2011 de VSC (Voyages-sncf.com), en volume d'affaires et en résultat ?

Yves Tyrode : Le 1er décembre dernier, nous avons atteint les 3 Mds E de ventes globales. Nous sommes sur une croissance d'environ 15 % en 2011, par rapport aux 2,8 Mds E atteints en 2010. Les chiffres définitifs seront communiqués en mars. Nous vendons désormais plus d'un billet Grandes Lignes sur deux, dans le loisir. Nous sommes rentables, mais nous ne publions pas notre résultat.

 

Le train tient lieu de locomotive. L'agence (soit les ventes hors train)* était en baisse en 2010 (-4%, à 226 ME). Qu'en est-il sur le dernier exercice ?

Nous avons stabilisé les ventes de l'agence en 2011. Cette inversion de tendance est importante pour nous. C'est le fruit de la stratégie de diversification de l'agence.

 

Vous aviez un partenaire exclusif, Expedia, pour l'agence VSC. Pourquoi avoir conclu des accords avec d'autres fournisseurs comme Promovacances ?

Historiquement, nous avons créé une joint-venture avec Expedia, avec qui nous entretenons de très bonnes relations. Mais nous sommes dans une logique d'enrichissement de ce partenariat. Notre promesse, c'est le train et le tourisme français diffus. Nous aimerions devenir un hub du voyage de la destination France. Nous ne voulons pas tout faire. Mais nous souhaitons travailler avec les meilleurs experts, et les mettre en scène sur notre site. Le produit hôtel vient donc d'Expedia, les séjours/forfaits de Karavel, le ski de TravelHorizon.

 

Que préparez-vous avec Atout France ?

Nous avons un partenariat très fort avec Atout France. Nous signons avec des CRT (Comités régionaux du tourisme, Ndrl) pour leur fournir un moteur de recherche. Ce moteur sera aussi en place sur VSC – ce sera l'évolution d'Hexago. Il serait également logique que nous l'intégrions sur Franceguide.com.

 

Au niveau des effectifs, VSC a déploré de nombreux départs en 2011 ?

Le groupe compte 380 salariés. L'an dernier, nous avons embauché 120 personnes, et nous avons eu une quarantaine de départs. Le turn-over a été un peu plus important en 2011 que les années précédentes. Mais nous restons dans un taux de mobilité assez faible par rapport aux entreprises du e-commerce en général. L'âge moyen des équipes dépasse tout juste 30 ans. Cette année, nous recruterons à Lille et à Nantes, plus qu'à Paris.

 

Où en est le développement du mobile ?

Environ 3 % des billets de train sont vendus sur le mobile depuis septembre, avec un apport de clientèles nouvelles comme les militaires et les jeunes. Plus de 20 millions de smartphones sont en circulation en France. Il est nécessaire d'être sur toutes les plate-formes : iPhone, iPad, Androïd, Html 5… C'est notre cas. Nous avons enregistré 3 millions de téléchargements d'applications. La bonne nouvelle, c'est que le mobile ne « cannibalise » pas le web.

 

Quelles sont vos prévisions globales sur 2012 ?

Nous tablons sur une croissance à deux chiffres. Mais nous serons en dessous des 15 % atteints en 2011. J'anticipe trois tendances fortes de consommation en 2012 : un attrait fort de la destination France, des vacances courtes se traduisant par l'essor des longs week-ends, et une logique d'achat de bons plans de dernière minute.

 

Quels sont les enjeux de VSC Technologies ?

VSC Technologies est la direction informatique de VSC. Cette filiale, dont je suis le président, représente la moitié de nos effectifs. C'est normal : comme Booking ou Amazon, nous aspirons à maîtriser la technologie. Nous vendons 300 000 billets de train les bon jours, et 200 000 les mauvais jours.

 

VSC Technologies avait vocation, à sa création, à travailler pour d'autres entreprises…

Voyages-sncf.com sert d'autres sites de la SNCF comme Eurostar, Thalys, SNCF Direct, Sncf.com. Depuis le 1er janvier, le système d'information et de réservation de Rail Europe, qui vend des billets européens de train à l'international, lui est sous-traité. VSC Technologies est la digital factory du groupe SNCF, qui nous permet de développer une expertise sur le train, de mutualiser les coûts, et d'homogénéiser l'expérience clients.

 

Êtes-vous revendeur de la SNCF ou de tous les trains ?

Quand Voyages-sncf.com a été créé, c'était essentiellement un revendeur de TGV. Dans notre stratégie à l'horizon 2015, nous voulons être distributeurs de tous les trains de la SNCF en France, et de tous les trains en Europe. Ce que nous faisons déjà. Nous avons commercialisé en 2011 tous les TER, les Inter-Cités, les trains de nuit. Ce que nous ne vendons pas, ce sont les Transilien, dont les horaires sont désormais disponibles à l'affichage dans les horaires, mais pas à la vente.

 

Allez-vous vendre les trains de vos nouveaux concurrents comme Thello?

Nous n'avons pas eu de contact avec eux. Mais nous n'avons aucun à priori, négatif ou positif. Nous vendons déjà la Deutsche Bahn et de Trenitalia.

 

Comment évoluera le site ?

La prochaine étape technologique de VSC, c'est le porte à porte, soit une solution de transport de bout en bout, au niveau de l'information mais aussi de la commande. Avec éventuellement du covoiturage, du taxi partagé, de la voiture électrique… Nous développons ce projet sous le nom de code Mytripset. Nous voulons aussi mieux informer le client, de manière proactive. Dans cette perspective, nous allons généraliser la demande de numéro de portable des clients, pour envoyer des SMS d'information.

 

Comment vivez-vous l'émergence de concurrents comme CapitaineTrain ?

Capitaine Train est un concurrent très respectable. Dans ma vie professionnelle, je n'ai jamais vécu sans compétition. L'échange de billets de train, c'est aussi très bien, dès lors qu'il n'y a pas, derrière, de réseaux mafieux. Nous allons regarder les sites d'échanges de billets avec beaucoup d'attention. Nous avons notre propre site en la matière, Ticketechange.

 

Vous avez décidé de tester le 3D Secure, dès juillet dernier. Le rythme des commandes a-t-il ralenti ?

Le 3D Secure représente une vraie protection pour le consommateur et le marchand contre la fraude. Il y a un mois et demi, nous avons généralisé le 3D Secure sur Voyages-sncf.com et sur le site TGV Europe, pour toute commande, quel qu'en soit le montant. La bonne surprise, c'est que depuis, le taux d'abandon des commandes a baissé. La seule chose que je regrette, c'est de ne pas l'avoir généralisé plus tôt !

 

Que vous inspirent les prises de position de Google dans le voyage, avec le rachat d'ITA Software, Flight Search et Hotel Finder ?

Google n'est pas un concurrent. C'est une question pour l'Europe, et pas seulement dans le voyage.

 

* Leur part relative est donc tombée à 8 % (contre 15 % en 2005).

 

« Le mobile ne cannibalise pas le web. »

 

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