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Voyages : pourquoi il vaut mieux réserver tôt pour 2023

Billets d’avion, hôtels, parcs de loisirs… : les prix s’envolent dans le secteur du voyage depuis plusieurs mois. Et tous les ingrédients semblent réunis pour que la tendance se poursuive.

L’inflation s’avère particulièrement forte dans le secteur du tourisme en 2022. Dans l’aérien, toutes destinations confondues, les prix ont augmenté de 21% en septembre 2022 versus 2019 d’après la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Du côté de l’hôtellerie, l’augmentation tarifaire observée en août 2022 atteint des sommets à Paris (+28,3% versus 2019), mais aussi Rome (+30,8%) ou Milan (+30,2%).

Et la hausse généralisée des prix ne devrait pas s’arrêter de sitôt. Marc-Elie Caspar, le directeur général France et Benelux de Western Union Business Solutions, évoque l’hypothèse d’une inflation d’environ 6% en France en 2023.

« Il y a des destinations où nous ne pouvons plus aller »

D’après Marc Rochet, président d’Air Caraïbes et de French bee, la demande demeure puissante malgré les prix élevés de l’aérien.

« Nous sommes tous conscients d’une vraie reprise des voyages en avion, a-t-il déclaré lors du récent congrès Selectour. Nous avons de bons engagements pour l’été 2023. Mais il y a l’économie, qui n’est pas favorable. Beaucoup de compagnies sont dans une situation délicate, avec une augmentation de tous les postes de coûts. Ce qui va obliger les compagnies à réguler leur programme. Oui, il y a des destinations où nous ne pouvons plus aller parce qu’on y perd trop d’argent. Le pétrole est devenu fou. »  

Et Marc Rochet de donner un exemple : à l’aéroport d’Orly, Air Caraïbes a payé 1150 dollars la tonne pendant l’été 2022, contre 660 dollars il y a un an. A Punta Cana, la facture grimpe à 1800 dollars la tonne. « Donc, il ne faudra pas s’étonner si à terme il y a moins de vols, voire plus de vols du tout sur certaines lignes. Il va y avoir des régulations. » Ce qui pourrait, dans les prochains mois, faire grimper les tarifs, selon la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande.

Augmenter les prix sans casser la reprise

Le prix du kérosène est un gros caillou dans la chaussure des compagnies. « Au mois d’octobre, le pétrole, c’est 38% du total des dépenses de Corsair », a expliqué Pascal de Izaguirre , le PDG de Corsair, toujours au congrès Selectour. C’est gigantesque. Nous prenons du pétrole raffiné, il y avait pas mal de capacités en Russie et Ukraine. Et donc il y a une pénurie du pétrole raffiné. Nous subissons la double peine, puisque le pétrole, on le paie en dollars, qui est revalorisé d’environ 15%. »

La compagnie Corsair règle 55% de l’ensemble de ses dépenses en dollars : loyers, assurances avion, en plus du pétrole. Et déplore une hausse généralisée des coûts, incluant le catering, la maintenance et les redevances de la DGAC (+25% en 2022), ajoute Pascal de Izaguirre. Sans compter les salaires, que certains transporteurs augmentent… suite à des menaces de grève.

Table ronde lors du congrès Selectour, réunissant notamment Pascale de Izaguirre et Aurélien Aufort (Voyamar/Héliades). © Linda Lainé

« Face à cette situation, nous faisons des répercussions partielles. Nous savons que si nous augmentons trop, cela va casser la dynamique de reprise qui est très forte. » Mais « nous considérons qu’il y a encore de la place pour une légère augmentation des tarifs. » En attendant, des tarifs promotionnels et d’appel continuent d’exister, bien sûr, pour ceux qui anticipent en surveillant l’ouverture des ventes.  

Des promotions de première minute

Certains voisins européens du Nord ont pris ce réflexe de réserver tôt pour sécuriser leurs vacances et leur budget. Les Français sont moins habitués, mais les temps semblent doucement changer.

« On voit des réservations qui sont effectuées pour l’été prochain, ce qui est assez inhabituel », s’étonne Rémi Vénitien, président de l’Office de tourisme des Etats-Unis, et responsable production circuits chez TUI. Les voyageurs de dernière minute qui ont dû repousser leur voyage faute d’hôtels ou de voiture de location disponibles ont anticipé dès la rentrée de septembre pour l’été 2023. « Depuis plusieurs années, les gens commencent à se rendre compte qu’il n’y a plus de promotions de dernière minute. Tous les professionnels jouent le jeu des promotions de première minute. Les clients y sont sensibles, ce qui simplifie la gestion des stocks”.

« J’espère que les clients vont se remettre à acheter tôt », ajoute Aurélien Aufort, directeur général de Voyamar et d’Héliades (Marietton). « En 2023, l’aérien sera plus cher », prophétise-t-il, lui aussi.

Une chance pour les TO et les agences

Quand les clients achètent tôt, c’est aussi intéressant pour les opérateurs de voyage. « Pour nous TO, c’est une aubaine : nous pouvons acheter tôt », explique également Aurélien Aufort. Ce qui peut créer des opportunités par rapport à des voyagistes étrangers.

« Pour les agences de voyages, c’est (également) une énorme chance : c’est 30% d’acomptes pour les agences. ». Des agences dont ils louent le rôle de tiers de confiance, notamment en cas de vols annulés – nombreux pendant l’été 2022.

« Acheter un voyage en agence, c’est une vraie garantie, une vraie sécurité. » Dans le cadre d’un voyage à forfait, l’agence prendra en charge son client et s’organisera pour trouver une solution de repli.

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