Une « Riviera de luxe » : les détails du plan américain pour faire de Gaza un centre touristique
« The GREAT Trust », le projet de Trump pour la bande de Gaza, détaille comment les Etats-Unis entendent transformer l’enclave en une station balnéaire de luxe.
En février 2025, Donald Trump promettait qu’une fois la guerre entre Israël et la Palestine terminée, il « prendrait le contrôle » de la bande de Gaza. L’objectif : transformer l’enclave en un centre touristique et technologique. L’administration du président américain avait été jusqu’à publier une vidéo générée par l’Intelligence Artificielle, dans laquelle lui-même, Elon Musk ou Benjamin Netanyahou se prélassent sur les plages d’un Gaza transformé.
Le 31 août, le Washington Post dévoilait les détails de ce plan nommé « The GREAT Trust » – GREAT pour Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation (Transformation, accélération économique et reconstitution de Gaza). Au programme, selon la proposition adoptée : déplacer les deux millions d’habitants du territoire palestinien, qui serait placé sous administration américaine pendant dix ans, le temps de le transformer en un centre touristique et technologique. Le territoire pourrait ensuite être gouverné par une « entité palestinienne réformée et déradicalisée ».
Complexes hôteliers et îles artificielles
Car dans sa mégalomanie, Donald Trump espère faire de Gaza, qui est ravagée par les attaques d’Israël depuis bientôt deux ans, une véritable « Riviera du Moyen-Orient ». Construction d’un port et d’un aéroport, d’une autoroute, mais aussi de « complexes hôteliers de classe mondiale le long du littoral, et sur de petites îles artificielles ». Le rapport va même jusqu’à comparer la future bande de Gaza avec Dubaï…
Afin de mener à bien ce projet, le plan prévoit de déplacer « volontairement » la population gazaouie – soit vers d’autres pays, soit vers des zones sécurisées à l’intérieur du territoire. Ceux qui accepteraient de partir pourraient recevoir 5 000 dollars en cash, une aide couvrant jusqu’à quatre ans de loyer et un an de nourriture.
Les propriétaires se verraient offrir des « jetons numériques », à utiliser pour financer une nouvelle vie ailleurs, ou à échanger contre un appartement dans l’un des nouvelles villes devant être construites à Gaza. Entre la bande balnéaire à l’ouest et une vaste zone industrielle « intelligente » à l’est, le cœur de l’enclave accueillerait 6 à 8 « villes planifiées, modernes et intelligentes, propulsées par l’IA » (logements, commerces, cliniques, hôpitaux, écoles, espaces verts, parcs et golf). Le tout devrait créer environ un million d’emplois.
« On peut y faire de très belles choses »
On ignore encore si la proposition complète et détaillée du GREAT Trust a été validée par Donald Trump. Mais, selon le Washington Post, de nombreux éléments de ce plan entendent concrétiser spécifiquement la vision du président d’une « Riviera du Moyen-Orient ».
Deux jours après son investiture, Donald Trump semblait en effet avoir de grands projets pour Gaza. Lors de la signature d’une série de décrets dans le Bureau ovale, il déclarait aux journalistes : « J’ai regardé une photo de Gaza (…) Il faut la reconstruire autrement », soulignant que l’enclave est à « un emplacement phénoménal, au bord de la mer, avec le meilleur climat. Tout est bon. On peut y faire de très belles choses ».
Le plan, qui suscite une volée de critiques internationales, affirme ne nécessiter aucun financement direct du gouvernement américain et ne pas « dépendre de dons ». Il serait financé par des investissements publics et privés dans des « méga‑projets » (usines de véhicules électriques, centres de données, stations balnéaires, tours résidentielles, infrastructures portuaires et aéroportuaires).
« Gaza n’est pas à vendre », a déclaré sur les réseaux sociaux Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas. Le territoire est « une partie intégrante de la grande patrie palestinienne », a-t-il aussi insisté.
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