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Un nouvel horizon pour Selectour

Après deux années de transition sous le mandat de Gérard Letailleur, les adhérents du réseau Selectour ont porté à leur tête François-Xavier de Boüard, le PDG de De Boüard Voyages à Nantes. Une nouvelle ère débute pour le réseau volontaire…

Comme Nicolas Sarkozy, François-Xavier de Boüard s’y était préparé de longue date ! Et comme Nicolas Sarkozy, c’est sans surprise que le Pdg de De Boüard Voyages à Nantes a été élu président de Selectour, à l’issue de l’assemblée générale du réseau, le 3 mai à Paris. Le processus de conquête avait commencé dès 2005, lorsqu’il avait racheté à Selectour Finances 90 % des parts de sa société, devenant du même coup un adhérent comme les autres.

Le troisième président

François-Xavier de Boüard devient le troisième président de l’histoire de Selectour, après le fondateur Philippe Demonchy, et Gérard Letailleur, qui a géré la transition durant deux ans. Il a été choisi pour trois ans au sein du conseil d’administration, où il a été réélu avec 118 voix. Respectant sa parole, Patrick Abisset (MNV Voyages), second candidat déclaré, s’est incliné compte tenu de sa place de second (87 voix) à l’élection au conseil d’administration. Sont également devenus administrateurs Jean-Pierre Lorente (Bleu Voyages) et Gérard Letailleur (Orélis Voyages). Début avril, François-Xavier de Boüard et Patrick Abisset avaient entrepris un tour de France pour exposer leur programme aux adhérents. Une première, qui a permis de mieux percevoir les conceptions de chacun, se félicite Pascal Girardot, DG des Voyages Girardot. L’enjeu était d’autant plus important que les adhérents souhaitaient faire un choix clair pour l’avenir.

Administrateur depuis neuf ans, François-Xavier de Boüard a mûrement réfléchi sa décision. Selon sa profession de foi, il considère qu’une nouvelle politique doit être mise en place au sein du réseau, en concertation étroite avec les administrateurs, les délégués régionaux et les adhérents, pour faire face à quatre défis majeurs : l’évolution du modèle économique (avec des agences de moins en moins commissionnaires et de plus en plus commerçantes) ; le développement d’Internet et la nécessité de redéfinir ce que doit être la valeur ajoutée de l’agent de voyages ; la multiplication des concurrences parallèles qui obligent les agences classiques à revoir leur offre de services ; enfin, le renouvellement de la profession, confrontée au vieillissement, qui impose de recruter de nouveaux talents.

Pour répondre à ces enjeux, François-Xavier de Boüard (qui dirige l’une des entreprises les plus performantes de Selectour) propose plusieurs axes de travail. Le premier vise à recentrer le réseau sur ses fondamentaux. Il faut mettre le client au coeur de notre réflexion. Devant une offre de plus en plus large, le vendeur doit savoir sélectionner pour apporter le meilleur conseil possible, insiste-t-il. Cela passe par une relance de la formation, fil conducteur de son programme. Le nouveau président entend ensuite donner un nouvel élan à l’Alliance, le groupement créé avec Carlson Wagonlit Travel. Il fonctionne sur les mêmes bases depuis sa création. Il importe de définir une politique pour les trois prochaines années. La mise en place de solutions technologiques communes fera notamment partie des priorités. D’autres partenariats ne sont toutefois pas exclus, tel celui signé récemment avec Afat Voyages et E.Leclerc Voyages, utilisateurs, comme Selectour, d’Amadeus Leisure Platform.

La formation, question cruciale

François-Xavier de Boüard veut aussi accroître la complémentarité entre le site selectour.com et les agences. Avec pour objectif une meilleure exposition du web sur le fronton des agences, et la possibilité pour l’internaute de conclure une transaction en boutique. La question de la formation des collaborateurs sera là encore cruciale, les vendeurs ne possédant pas toujours le réflexe Internet. Le président veut par ailleurs évaluer l’utilisation au sein du réseau des nouveaux outils technologiques, comme e-téo (plateforme de réservations des TO) ou l’outil de gestion de la relation clients (CRM), qui ont coûté plusieurs centaines de milliers d’euros. Nous devons mieux les utiliser pour accroître la productivité et la qualité du service. Les vendeurs devront en parallèle acquérir des méthodes de vente plus agressives.

L’arrivée des jeunes

Concernant les patrons, le président entend réorganiser certaines dépenses internes, pour permettre une meilleure redistribution des résultats de la coopérative. La question de la transmission d’entreprise sera abordée. La filiale Selectour Finances (dont Accor doit se désengager) sera utilisée pour permettre l’arrivée de jeunes entrepreneurs. Une croissance à tous crins (Selectour compte 238 licences pour 530 points de vente) n’est toutefois pas majeure. Nous avons réalisé en 2006 un volume d’affaires de 1,147 milliard d’euros, équivalent à celui d’Afat Voyages, avec 100 points de vente en moins, rappelle le président. La question du numerus clausus (qui protège les agences par une exclusivité territoriale) sera néanmoins remise sur la table. Nous devons trouver une solution pour développer Selectour sans froisser nos adhérents. Quelques patrons d’agences, parmi les 1 000 encore indépendants dans l’Hexagone, seront par ailleurs démarchés. Nous avons peut-être pêché par défaut de marketing. Selectour n’est pas forcément plus cher que les autres réseaux comparé aux services proposés. Il nous faut être plus entreprenants et moins élitistes.

Cette recherche de nouveaux membres est vitale pour accroître le poids économique de Selectour et peser dans les négociations avec les fournisseurs, qui débuteront fin 2007. Il faut revoir le sens de nos relations avec nos partenaires, assure François-Xavier de Boüard, qui exclut toute dérive vers une commission variable. La question est plutôt de savoir quels sont les TO qui sont le mieux à même de répondre à nos clients, en matière de départs régionaux mais aussi d’outils informatiques, par rapport à e-téo notamment. La création d’un club de fournisseurs privilégiés, comme cela existait sous l’ère Demonchy pourrait redevenir d’actualité. Autant de décisions qui seront votées par le nouveau conseil d’administration, et mises en oeuvre par la direction (dont Martine Granier, DG) que François-Xavier de Boüard n’entend par remettre en cause.

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