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Turquie, la mal-aimée de l’été

Les tensions géopolitiques régionales et l'écho des manifestations à Istanbul se répercutent sévèrement sur la fréquentation du pays.

Les réceptifs du tourisme en Turquie ne sont plus maîtres de leur destin, et les régions balnéaires habituées à la fréquentation internationale s'apprêtent à passer un été difficile. L'effondrement statistique des touristes en provenance de Russie, en chute de 40% depuis le début de cette année sur le littoral d'Antalya, préfigure une saison catastrophique pour cette région qui vient d'augmenter ses capacités hôtelières de 10% : le syndicat local des hôteliers d'Antalya (Aktob, 477 membres), revendique 30 000 lits supplémentaires pour l'été. L'industrie touristique prévoit encore la création de 5 000 emplois, avec 93 projets d'hébergement dans les cartons. Mais la défection de la clientèle russe, réputée dépensière et friande de réservations de dernière minute, bouleverse déjà les prévisions d'occupation. En 2014, les Russes représentaient 15% de la fréquentation du littoral méditerranéen de la Turquie, juste derrière les Allemands. Les aides financières des autorités turques, qui ont subventionné à hauteur de 6 000 dollars chaque vol charter en provenance de Russie, n'ont pas permis d'inverser la situation : la dévaluation du rouble, conséquence de la crise en Ukraine et en Crimée et des sanctions internationales contre la politique de Vladimir Poutine, incite les Russes à passer les vacances dans leur pays en 2015, du côté de Sotchi ou au bord des lacs.

La clientèle française est en recul de 20%

Sous l'angle de la clientèle française, la situation de la Turquie n'est pas plus brillante. Sur les quatre premiers mois de cette année, la clientèle française est en recul de 20%. Dès le mois de mars, au Salon mondial du tourisme, le Seto (Syndicat des entreprises du tour-operating) avait annoncé un recul de 45% des réservations anticipées pour l'été 2015, avec des reports vers Chypre, le Portugal continental et les Canaries. « On perd 25% de la fréquentation sur la Turquie avec l'ensemble de nos marques. Pas terrible », confirme Marie-Noëlle Barraud, chef de produit (Méditerranée, Moyen-Orient) chez TUI France, avec un brin d'amertume. «Pour sauver la saison, on va se focaliser sur Marmara, parce qu'il y a des engagements sur plusieurs dizaines de milliers de sièges sur les vols et les hôtels en balnéaire », annonce-t-elle. « Les gens ont peur. C'est typiquement français. Les médias donnent une image faussée du pays», accuse Marie-Noëlle Barraud. Les élections législatives du 7 juin, à l'origine de manifestations depuis plusieurs semaines en Turquie, se confondent avec les tensions autour de la cause kurde et à la frontière syrienne.

Seule l'Allemagne, premier contingent de touristes sur le littoral turc, sauve sa saison et affiche au printemps une croissance de 5%. Les Pays-Bas (-26%), la Suède (-18%) ou le Danemark (-28%), dans le top 10 de la fréquentation, suivent la même courbe descendante que la France. « On ne s'attendait pas à des miracles, mais là, on ne s'attend plus à rien », conclut Walid Ben Zaied, responsable du développement chez Aya Désirs d'Orient, dont les ambitions de renforcement sur la Turquie, annoncées fin 2014, sont tombées à plat : 350 clients sur des circuits et des séjours à Istanbul en 2015.

 

 

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