Trenitalia : après le « grand développement », l’étape de la consolidation
La cinquième année de la compagnie italienne en France sera placée sous le signe de la « consolidation de l’offre ». Pas de nouvelles lignes donc, mais un intérêt accru envers sa clientèle, que Trenitalia espère désormais fidéliser.
L’année 2025 était celle du « développement à grande vitesse », durant laquelle Trenitalia avait enfin pu se relancer sur le Paris-Milan, puis s’essayer au Paris-Marseille. Une expansion traduite par des chiffres solides, que Marco Caposciutti, président de Trenitalia France, et Fabrice Toledano, directeur marketing de la compagnie, ont présenté à la presse ce mardi. L’entreprise totalise ainsi plus de 4,7 millions de voyageurs depuis 2021, dont 1,8 million en 2025.
Ses revenus atteignent quant à eux 90 millions d’euros en 2025, contre 40 millions en 2024 – ce qui ne permet pas encore à la compagnie d’atteindre la rentabilité cette année. « La priorité est donnée aux investissements et au développement », soulignent, tour à tour, les deux représentants.
L’arrivée de Trenitalia France sur les lignes à grande vitesse a par ailleurs eu un impact direct sur le marché, agissant comme un facteur de dynamisation et forçant l’opérateur historique à réagir. Cette dynamique concurrentielle avait engendré une baisse notable des tarifs, notée notamment par Trainline : sur la ligne Paris-Marseille, une diminution des prix de l’ordre de près de 30% a été observée, tandis que la baisse sur l’axe Paris-Lyon était estimée à environ 10%.
14 Mania
Trenitalia France, c’est ainsi 11 destinations desservies – une offre soutenue par l’augmentation du parc ferroviaire, passé à 9 rames. Et désormais, 14 allers-retours entre Paris et Lyon, la destination principale de la compagnie. C’est d’ailleurs au cœur de la campagne de promotion de la compagnie, en cette fin d’année. L’augmentation de la fréquence, ce 14 décembre, sera l’occasion pour Trenitalia de lancer la « 14 mania » – affichages, spots publicitaires… Et, surtout, la vente de billets à 14 euros entre Paris et Lyon le jour du lancement.
Car cette fréquence permet à l’entreprise d’assurer désormais plus d’un tiers de l’offre entre les deux villes. En réponse, notamment, à la forte demande de clientèle corporate, que la compagnie chérit : espaces « Silencio », classes Business et Executive, salle de réunion à bord des trains, wi-fi débridée… Et des réflexions sur un programme de fidélité destiné, glissent MM. Toledano et Caposciutti, sans toutefois donner plus de détails.

L’occasion, également, de densifier le réseau : cette nouvelle grille horaire rend possible, pour la première fois, la liaison Marseille-Lyon-Milan – avec un changement à Lyon – connectant ainsi la ligne Paris-Marseille à la ligne internationale.
Consolider l’offre existante
Mais après l’étape du « grand développement en 2025, la stratégie pour 2026 sera la consolidation de l’offre existante, qui restera « plus ou moins la même ». L’objectif de Trenitalia est désormais de s’ancrer sur le territoire, et d’être « très proche des clients, pour augmenter le nombre de voyageurs », selon son président. Somme toute, fidéliser la clientèle. Et l’occasion pour Trenitalia, également, d’intensifier les démarches ciblant la clientèle B2B.
De surcroît, et alors que la concurrence s’établit sur le marché ferroviaire, la compagnie se dit « ouverte » à établir un partenariat avec SNCF Connect – « nous, on a de l’espoir partout », glisse Fabrice Toledano avec un sourire. Et plus sérieusement : « cela fait partie de l’activité de consolidation de l’offre. »
L’entreprise s’emploie également à pérenniser ses opérations sur le territoire, en y stabilisant son dispositif logistique. « Nous sommes en phase de négociations finales pour un atelier de maintenance sur un terrain proche de Paris », annonce M. Caposciutti. Une nouvelle infrastructure cruciale pour assurer le service sur les lignes françaises, mais également pour soutenir activement un nouveau projet – celui d’une ligne sur le tunnel transmanche, entre Paris et Londres.
