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[TOTEC22] Quelle place pour la RSE dans les critères des investisseurs ?

La stratégie RSE des entreprises prend une importance croissante aux yeux des banques et des investisseurs. Morgann Lesné (Cambon Partners) et Julien Meir (Montefiore Investment) décryptent cette tendance, qui tend à s’accélérer.

Quand ils passent une entreprise à la loupe, banque et fonds d’investissements ont une liste de critères bien fournie, mais quelle place pour la RSE dans leurs grilles d’évaluation ? Si les lignes bougent, ce n’est pas encore la révolution. « Nous ne sommes pas encore sur un critère prime, nous sommes sur un critère important mais qui n’est pas encore devenu prioritaire dans la liste des critères, constate Morgann Lesné, associé chez Cambon Partners. En revanche cette priorité arrive. »

Même analyse du côté de Montefiore Investment : « Aujourd’hui ça fait partie intégrante de notre grille de lecture (…) mais c’est un critère parmi les autres, abonde Julien Meir, le directeur de Montefiore Investment. il n’est pas venu se substituer, évidemment, à la profitabilité, au business modèle ou la stratégie globale. » Reste qu’il est étudié de près. « Nous, nous assurons d’abord que ce que nous racontons est bien incarné, explique Morgann Lesné. C’est important de vérifier la véracité des initiatives qui sont prises pour surtout ne pas être dans ni le mensonge ni la survente de ce qui est fait. »

« Nous vérifions ensuite qu’il y a une bonne cohabitation entre le niveau de profitabilité de l’entreprise et ses engagements », ajoute Morgann Lesné.

Une réglementation de plus en plus stricte

Par conséquent, où se place le curseur ? « Dans l’ordre d’apparition des thématiques principales de présentation d’entreprise, on a quand même passé des caps, observe Morgann Lesné. Mais ce qui reste le plus important pour le fonds d’investissement qui envisage d’investir ou l’acheteur qui envisage d’acheter, c’est l’équipe. Sa qualité, son homogénéité, sa parité, son adéquation avec le projet qu’elle porte. On arrive ensuite assez rapidement sur des critères financiers, évidemment, c’est encore le monde dans lequel on évolue. On analyse ensuite les critères extra-financiers. »

Et si le critère prend une importance croissante, c’est aussi parce les réglementations évoluent. « Il faut bien comprendre que de la même manière que les avancées principales sur certains sujets se font par la régulation et la réglementation – on a beaucoup parlé du décret tertiaire pour l’immobilier par exemple -, dans la finance et le monde de l’investissement, c’est la même chose, rappelle Julien Meir. L’engouement des fonds d’investissement pour la durabilité, la ‘Sustanibility’, il n’est pas forcément spontané, on ne va pas se le cacher. Il est aussi imposé par une réglementation mondiale et européenne de plus en plus stricte. Nous-mêmes aujourd’hui, en tant qu’investisseurs, nous sommes soumis à des contraintes par nos propres investisseurs, détaille-t-il. Ils nous demandent de prendre en considération ces enjeux de durabilité dans nos stratégies d’investissements. Par capillarité, nous sommes obligés de prendre ces éléments en considération et de demander aux entreprises que nous accompagnons de nous démontrer concrètement que ces enjeux sont pris en considération. Aujourd’hui, cela se place au cœur des préoccupations des investisseurs, avec des enjeux de mesurabilité des éléments, et pas uniquement des déclaration d’intention. »

Identifier les axes d’amélioration

Tous deux s’accordent à penser que les banques d’affaires et les fonds d’investissement ont un rôle à jouer pour accélérer la prise en compte des enjeux RSE par les entreprises du secteur. « Les banquiers d’affaires et les fonds d’investissement sont des leviers très importants pour accélérer la prise en compte des stratégies RSE dans les entreprises du secteur », estime Morgann Lesné. « Aujourd’hui nous définissons des plans d’action RSE dans touts nos participations dans des entreprises de la même manière que nous définissons des plans d’action globale sur la stratégie financière”, abonde Julien Meir. Un accompagnement qui se fait tout au long de la détention capitalistique de l’entreprise. « Notre rôle, c’est d’identifier les axes d’amélioration », résume-t-il. (…) Impact sur le climat, consommation carbone, diversité, partage de valeur ou mixité du board… les domaines d’application sont larges.  

La pression n’en est effectivement que plus importante pour les dirigeants d’entreprise. « La barre est élevée parce qu’aujourd’hui, on demande à un entrepreneur de construire une entreprise de croissance, profitable, et en plus qui respecte tous les critères RSE, pointe Morgann Lesné. Oui, la barre s’élève, mais c’est aussi le reflet du niveau d’exigence du monde qui nous entoure. Ca ne doit pas décourager les entrepreneurs d’entreprendre », souligne Morgann Lesné. Les investisseurs, mais aussi les clients et les employés attendent les entreprises au tournant sur le sujet. C’est aussi une question d’attractivité et de marque employeur.

« Ce qui deviendra stratégique et apportera énormément de valeur aux entreprises, c’est d’arriver à cumuler la performance financière et extra-financière », conclut Morgann Lesné.

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