Top Resa prépare sa mue
Du 26 au 28 septembre, le traditionnel salon Top Resa se déroulera à Deauville. Pour rester dans la course face aux critiques et à l’arrivée du concurrent, Le MAP, le salon évolue doucement. Le changement sera-t-il suffisant ?
Comme chaque année, l’immense tente blanche posée sur l’hippodrome de Deauville affichera complet (1 300 marques présentes). Pourtant l’édition 2007 de Top Resa emmenée par Vincent Lhoste, nouveau directeur du salon, n’est pas tout à fait comme les autres. Elle se veut celle de la transition (voire de la renaissance), en attendant les modifications promises par l’organisateur Reed Expositions. Les nouveautés suffiront-elles à faire taire les critiques et à contrebalancer la défection de poids lourds comme Kuoni, Asia, Marmara, Hertz, Donatello, Jetset Equinoxiales, Galileo ou l’Afrique du Sud. Revue de détail des changements.
Première petite révolution, le glissement dans la semaine du salon, du mercredi au vendredi (et non plus du jeudi au samedi) dans l’espoir que la dernière journée soit enfin studieuse, et non plus consacrée au démontage des stands dès 15 heures ! Les horaires ont aussi été aménagés (10 heures-19 heures). Pour améliorer le confort des visiteurs, Reed Expositions a par ailleurs demandé au groupe Barrière de revoir son offre de restauration, avec la création de nouveaux lieux d’achat pour améliorer les flux, le choix et la qualité des produits, tout en faisant un effort sur les prix. Sans oublier la possibilité d’acheter des plateaux-repas, à déguster sur son stand…
Le positionnement du salon a parallèlement été revu afin de donner plus de visibilité à chaque métier, et notamment aux professionnels du tourisme d’affaires. Ils bénéficieront d’un nouveau parcours thématique et de la création d’un premier catalogue du visiteur Mice (meeting, incentive, convention, exposition) réunissant les offres d’offices du tourisme, TO, hôteliers, compagnies aériennes ou réceptifs. L’Association des agences de communication événementielle (ANAé) et ses membres seront à ce titre mieux intégrés.
Des rendez-vous programmés
Dans le cadre de cette clarification, Vincent Lhoste a souhaité apporter une véritable cohérence à chaque journée, à travers une conférence unique par jour, destinée à apporter aux visiteurs des éléments concrets pour travailler et faire évoluer leur business. Enfin, sous le parrainage d’Amadeus (nouveau partenaire, qui gérera notamment les deux centres d’affaires), un espace de 50 m2 baptisé l’Odyssée numérique présentera huit innovations qui préfigurent l’agence de demain (stand F 253).
Mais la principale innovation de cette 29e édition est l’instauration de rendez-vous professionnels durant le mercredi, s’inspirant en cela de systèmes qui ont fait leur preuve sur d’autres salons internationaux. Chaque exposant peut créer son agenda électronique sur www.topresa.com, y entrer le nom et le poste de chaque collaborateur, avec lesquels les visiteurs peuvent ensuite réserver un rendez-vous. Mais on ne change pas facilement des habitudes vieilles de 30 ans et une décontraction si propre à Top Resa ! Nombre d’exposants (qui critiquent pourtant le manque de professionnalisme du salon) avouent ainsi ne pas avoir créé leur profil personnel, n’être pas au courant du nombre de rendez-vous déjà enregistrés voire ignorer l’existence de ce système. Nous sommes déçus par les rendez-vous pré-enregistrés : un peu plus de 300, sur 4 000 visiteurs attendus le mercredi. Je m’attendais à mieux, mais cela peut encore évoluer, avoue Vincent Lhoste.
Certains exposants précisent toutefois avoir organisé des rendez-vous sans être passés par cet agenda électronique. C’est plus facile, d’autant que des co-exposants ne sont pas forcément dans la base de Top Resa, précise Philippe Mugnier, DG d’Interface Tourism. Chez Austro Pauli, on reconnaît être passé à côté de la formule. Mais tous les commerciaux seront sur notre stand pour présenter nos nouveautés et répondre aux questions, assure Fanny Estardy, assistante commerciale, qui estime qu’un tel dispositif intéresse avant tous les grosses entreprises. Nous avons sollicité en direct les patrons des réseaux pour des rendez-vous, ajoute Nicola Ivaldi, directeur commercial d’Empreinte, d’autant que nous bougeons également beaucoup pour rencontrer nos réceptifs. Bref, si les professionnels estiment que ces rendez-vous sont une bonne chose, tous considèrent que la formule mettra des années à s’imposer. Ou alors, il faut rendre le système obligatoire, comme sur le salon Grand Ski à Lyon, estime Line Baudu, DG France de Lagrange.
La révolution pour 2008 ?
Top Resa se console avec le succès de l’étude sur le comportement des clients en agences, réalisée par le cabinet Raffour Interactive et financée par le salon, le Snav et Amadeus. Alors que nous tablions sur 500 retours, nous avons reçu 786 réponses à nos 105 questions, classées en dix thèmes, se félicite Vincent Lhoste. Cela renforce la fiabilité des résultats qui seront présentés le mercredi.
Ces efforts suffiront-ils, notamment face au MAP, né de la fusion entre le Mit International et le Salon mondial du Tourisme (la première édition est programmée du 13 au 17 mars). Joël Gangnery, DG du pôle Tourisme de Reed Expositions, a promis d’annoncer prochainement ses choix concernant l’avenir de Top Resa. Maintien ou non à Deauville, changement ou non de calendrier ? Seule certitude, Vincent Lhoste veut renforcer le positionnement professionnel de la manifestation. Nous devons faire le salon dont les agences ont besoin. Il doit répondre avant tout aux préoccupations de la profession, assure-t-il. Nous avons l’obligation de coller à la réalité. Top Resa doit évoluer avec son environnement, ajoute Joël Gangnery. Nous opposerons au MAP une démarche qui sera celle de la modernité. L’aboutissement de notre réflexion sera visible pour l’édition 2008. Le salon du trentième anniversaire…
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