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Thomas Cook France : le plus dur est à venir

La filiale française ne sera finalement pas vendue, mais « transformée ». À la clé, sans doute un douloureux processus de restructuration. De quoi rappeler ce qu'a vécu TUI l'an dernier…

Pousse-t-on vraiment un ouf de soulagement chez Thomas Cook France ? Lundi, la maison mère a annoncé qu'elle allait finalement conserver sa filiale française mais la soumettre à un plan de « transformation » pour en améliorer les performances. Exit donc, le scénario d'une vente, qui semblait pourtant avoir, l'an dernier, la préférence de la direction du groupe.

Difficile pour autant de voir dans cette annonce une réelle bonne nouvelle. Même si TC dit avoir pris cette décision à l'issue de la revue stratégique de ses activités françaises, entamée il y a un an, cela ressemble plutôt à un choix fait par défaut – faute d'avoir trouvé un acheteur – plutôt que par conviction économique. D'autre part, la « transformation » promise s'annonce déjà douloureuse, tant il reste d'efforts à accomplir pour rétablir la rentabilité de la filiale. Au premier trimestre de l'exercice en cours (du 1er octobre au 31 décembre derniers), TC France a encore accusé une perte opérationnelle de 9,3 millions de livres (10,7 millions d'euros) pour un chiffre d'affaires de 72,2 millions de livres, tout en relevant sa marge brute à 21,1 % contre 18 % un an auparavant. À quoi faut-il donc s'attendre ? Un plan social et un redimensionnement de certaines activités, sans doute. L'incertitude pèse notamment sur le réseau de distribution, qui regroupe autour de 300 points de ventes intégrés. « Un scénario envisageable serait qu'ils décident de séparer le réseau et le tour-operating en deux entités, en laissant aux agences la liberté de vendre ce qu'elles veulent », confie un professionnel du secteur.

 

L'EXEMPLE DE LA FILIALE BRITANNIQUE

 

Autre possibilité : la cession d'une partie des agences. C'est l'une des recettes appliquées au Royaume-Uni, où la fermeture de 150 points de vente constitue l'un des volets du plan de restructuration mis en oeuvre depuis l'an dernier et destiné à dégager 60 millions de livres d'économies par an. Suivant l'exemple de la filiale britannique, Thomas Cook France ne devrait pas échapper non plus à une refonte de sa production et de sa stratégie de distribution. Outre-Manche, 500 hôtels ont disparu du catalogue et, plus globalement, le groupe appuie son avenir sur le développement du package dynamique, l'accroissement des ventes directes et le lancement de nouveaux concepts hôteliers.

De quoi évidemment rappeler la stratégie mise en oeuvre chez TUI. « Nous leur souhaitons bon courage, lâche d'ailleurs Pascal de Izaguirre, le président de TUI France. C'est un travail difficile, mais notre restructuration nous permet aujourd'hui d'être en ordre de marche. » Pas sûr que cela suffise à rassurer les équipes de Thomas Cook.

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