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Thomas Cook France est-il à vendre ?

En mal de cash, le groupe Thomas Cook serait prêt à se séparer de sa filiale française. Encore faut-il trouver un acquéreur.

On le sait depuis novembre dernier, le groupe Thomas Cook est en graves difficultés financières, voire aux abois. Malgré l'octroi par les banques de lignes de crédit et des « négociations avancées » pour en obtenir d'autres ces jours-ci à hauteur de 1,2 milliard de livres (1,46 milliard d'euros) selon le Sunday Times, ce qui le mettrait ainsi à l'abri d'un effondrement programmé à court terme avec un endettement estimé à plus d'un milliard d'euros, le géant britannique a un dramatique besoin de cash. Voilà qui expliquerait qu'il ait mandaté il y a environ deux mois une banque française, en l'occurrence la Société Générale, pour la vente de sa filiale française, une information révélée par Latribune.fr le 10 avril.

Depuis le début de l'année, en quête d'économies, le groupe a multiplié les annonces. Il a ainsi programmé la fermeture de 200 agences sur environ 1300 au Royaume-Uni, procédé à une réduction de sa flotte ainsi que de ses capacités hôtelières. Il a mis en vente sa part majoritaire dans sa filiale indienne et la rumeur disait, il y a tout juste deux mois, qu'il souhaiterait également se séparer de sa compagnie aérienne Condor. À l'époque, Thomas Cook ne confirmait pas l'information mais reconnaissait « être en train d'examiner ses opérations ».

Dans cette revue des actifs devenus non stratégiques, Thomas Cook France est évidemment dans la balance. La filiale française, particulièrement touchée par le Printemps arabe, fait aujourd'hui figure de lanterne rouge et plombe les comptes comme TUI France (Marmara, Nouvelles Frontières, Tourinter) pénalise ceux de TUI Travel. Nommée en octobre dernier pour remplacer Denis Wathier à la présidence de Thomas Cook France sanctionné sans aucun doute pour sa gestion, Rachel Picard rappelait il y a quelques semaines dans une interview à L'Écho touristique que le manque à gagner des destinations du Printemps arabe (Tunisie Égypte, Maroc qui représentaient 40 % de l'activité) « ne serait pas compensé » cette année. La dirigeante disait que le retour à la rentabilité (la perte d'exploitation s'est élevée à 13 ME au 30 septembre 2011) devait « se faire le plus rapidement possible » au mieux à trois ans. Un délai sans doute trop long pour la maison mère.

En début de semaine, l'annonce d'une vente en cours n'était pas commentée officiellement au siège de Thomas Cook France. Tout au plus était-il mentionné « que le groupe en plus du programme de cession d'actifs déjà annoncé, explore la possibilité de vente ou de leaseback de certains avions ». Mais « il est évident que nous sommes en difficulté et que nous avons besoin de vendre des actifs » reconnaissait une source interne. « Une vente par appartement pour récupérer du cash est logique » estimait quant à lui un concurrent qui s'attendait à cette annonce déjà depuis le mois de novembre. « Mais ce n'est pas parce que l'on est à vendre que l'on trouve un acheteur ». Surtout « quand il n'y a pas de marché » juge un analyste. TUI avec Nouvelles Frontières ou encore Fram sont dans la même problématique. Thomas Cook France a pourtant des attraits. Le réseau de distribution (300 agences intégrées) estimé selon différentes sources à 150 000 euros par point de vente en moyenne est un beau bijou de famille. Reste qu'associé à un tour-opérateur, il est plutôt handicapé dans la conjoncture actuelle. « Mais vendre le réseau sans le TO, ce serait tuer ce dernier », estime un proche du dossier. Racheté en 2008 au Club Med pour 70 ME, Jet tours malgré une intégration délicate et même dévalorisée ces deniers mois, reste malgré tout une belle marque. Toutes les spéculations sont donc aujourd'hui possibles. Le 29 mars, dans son rapport d'activité, Thomas Cook disait s'attendre à « une année 2012 encore difficile ». Une vente en France serait peut-être l'éclaircie.

 

« Une vente par appartement pour récupérer du cash est logique » estime un concurrent.

 

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