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[Mise à jour] Thierry de Bailleul se met « en retrait » de la direction de Madagascar Airlines

L’ancien cadre dirigeant d’Air France ou Emirates explique s’être mis en retrait de la direction de Madagascar Airlines, sous la pression d’une fronde interne liée aux tensions qui agitent l’île. Une décision que le Conseil d’administration « a interprété comme une démission » d’après le principal intéressé, qui indique rester en contrat.

[Article mis à jour lundi 20 octobre] 

Thierry de Bailleul, directeur général de Madagascar Airlines, a exprimé le 15 octobre son souhait de se mettre temporairement en retrait de son poste, sous la pression d’une fronde interne. Dans une lettre adressée à ses salariés, il indique faire face à un « climat de défiance interne » rendant sa mission « impossible sans risque d’aggraver la situation ». Une décision de retrait interprétée par le Conseil d’administration de la compagnie comme une démission, mais qui n’en est pas une, d’après le dirigeant lui-même (voir plus bas). 

DG par intérim

Ces derniers jours, dans plusieurs communiqués de presse, la direction de la compagnie malgache avait en effet annoncé la démission du dirigeant français, indiquant « prendre acte du souhait du directeur général de se retirer de ses fonctions » et saluant « les avancées majeures accomplies par l’ensemble du personnel placé sous sa direction ». 

Dans un second communiqué, le Conseil d’administration précise : « Mahery Andriamamonjy, précédemment directeur général adjoint, a été nommé directeur général par intérim. Il est assisté par une direction collégiale composée de responsables expérimentés dans les domaines opérationnel, financier et commercial, pleinement mobilisés pour garantir la continuité des activités ». 

Une gouvernance contestée

D’après la presse locale, la démission de Thierry de Bailleul, en poste depuis décembre 2022, fait suite à un ultimatum lancé par le syndicat du personnel, dirigé par l’ancien cadre d’Air Madagascar, Rado Rabarilala. Les employés réclamaient sa démission, ainsi que celle des consultants étrangers, avant le 17 octobre à midi, menaçant sinon de ne plus exécuter leurs ordres. 

Les employés dénoncent au sein de la compagnie née de la fusion d’Air Madagascar et Tsaradia une gouvernance jugée opaque et une influence étrangère excessive. ​

Thierry de Bailleul, de son côté, met en avant les progrès réalisés depuis sa nomination : une hausse de 66% de la capacité opérationnelle, un taux de ponctualité de 80% et la perspective d’un retour à l’équilibre financier d’ici la fin de l’année, malgré une situation encore précaire, et une stabilité managériale observée de près par les créanciers.

Le plan stratégique « Phénix 2030 », soutenu par la Banque mondiale, visait notamment à moderniser la flotte et à recentrer les activités sur les lignes domestiques et régionales.​


Réaction de Thierry de Bailleul : 

Dans un message adressé à L’Echo touristique, Thierry de Bailleul précise la situation : 

« Pour être précis : je n’ai jamais présenté de démission. J’ai informé le Président du Conseil d’administration, ainsi que le personnel, de ma décision de prendre une période de retrait temporaire, dans un esprit d’apaisement, le temps que le climat social se stabilise. Le Conseil d’administration a choisi d’interpréter cette décision comme une démission, ce qui n’a jamais été mon intention. Mon contrat reste donc en vigueur à ce jour, et la situation fera l’objet d’un éclaircissement formel dans les prochains jours ». 


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