Tanger
« Au café Hafa, le soir, on vient en famille siroter un thé à la menthe. Encore un lieu mythique ! Le décor, inchangé depuis l’ouverture, en 1921, est tout simplement magique, succession de petites terrasses suspendues au-dessus de la mer. On s’installe dans le flamboiement du crépuscule pour contempler le Détroit et les côtes espagnoles, si proches. On pourrait presque les toucher. Et pourtant, comme elle est lointaine cette Europe rêvée
Au café Hafa, le soir, on vient en famille siroter un thé à la menthe. Encore un lieu mythique ! Le décor, inchangé depuis l’ouverture, en 1921, est tout simplement magique, succession de petites terrasses suspendues au-dessus de la mer. On s’installe dans le flamboiement du crépuscule pour contempler le Détroit et les côtes espagnoles, si proches. On pourrait presque les toucher. Et pourtant, comme elle est lointaine cette Europe rêvée… Alors on en parle, interminablement. Ceux qui n’ont pas les moyens de s’installer au café s’assoient sur l’herbe ou sur les vestiges de la nécropole romaine voisine. Reste que ce café des délices tangérois vit ses dernières heures de tranquillité, puisqu’une rocade de contournement du centre-ville, gagnée sur la mer, passera bientôt au pied de la falaise. Le roi est venu récemment valider le tracé de cette route qui permettra de relier en un temps record le port à l’aéroport. Dommage pour Bernard Henri Lévy et Arielle Dombasle qui ont acheté la maison voisine du Café Hafa ! On regagne la ville à pied, traversant dans la douceur du soir le quartier du Marshan, dont les villas un peu décrépites se souviennent de l’âge d’or de Tanger. Le quartier de la Vieille Montagne, dans les collines, le surpasse aujourd’hui en opulence. C’est là qu’ont élu domicile les milliardaires, là où se trouvent la résidence d’été de Mohammed VI et le palais de feu le roi Fahd d’Arabie saoudite. On traverse cet espace préservé pour se rendre au cap Spartel, au bout d’une presqu’île à la végétation luxuriante. Ici se rejoignent les eaux de la Méditerranée et de l’océan Atlantique et un phare veille sur le détroit. Tout près, un panneau invite à visiter les grottes d’Hercule, creusées par les vagues. La légende dit que le héros s’y reposa avant d’accomplir le onzième de ses travaux : la cueillette des pommes d’or des Jardins des Hespérides.