Swiss améliore sa santé financière et espère séduire Lufthansa
La compagnie a perdu 140 millions de francs suisses (90 millions d’euros) l’an dernier. Les rumeurs de rapprochement avec Lufthansa sont de plus en plus pressantes.
Swiss s’est approchée de l’équilibre en 2004. L’exercice comptable de la compagnie helvétique s’est soldé par une perte nette de 140 millions de francs suisses (90 millions d’euros), contre un déficit de 687 millions de francs suisses (443 M€) un an plus tôt. La trésorerie, stabilisée autour de 500 millions d’euros, ne permet toutefois plus de poursuivre la modernisation de la flotte au rythme prévu. Swiss vient d’annuler une option sur trois Airbus A-340 et négocie le report de livraison de trente Embraer 170 et 195.
L’offre en sièges du transporteur a reculé de 18 % en 2004, entraînant une baisse de 12 % du chiffre d’affaires, à 3,642 milliards de francs suisses (2,35 milliards d’euros). La réduction du rayon d’opérations se poursuivra, le 1er mai prochain, par le passage en code-share de la ligne Genève-Paris, opérée à partir de cette date par des avions d’Air France. Swiss poursuit par ailleurs son troisième plan de restructuration, annoncé le 18 janvier, et qui se traduira par une nouvelle réduction d’effectifs de 800 personnes. La flotte sera ramenée de 80 à 67 appareils. La compagnie comptait 5970 salariés équivalents temps plein au 31 décembre.
Face aux rumeurs d’un accord commercial ou capitalistique avec Lufthansa, que l’on dit imminent, Christoph Franz, président de Swiss, s’est contenté, vendredi dernier, à l’occasion d’une conférence de presse à Bâle, de reconnaître l’existence de discussions avec le concurrent allemand. «La question se posera quand notre restructuration interne aura rendu l’entreprise rentable. Je ne peux pas en dire davantage », a-t-il déclaré, sans oublier de rappeler que «Swiss veut conserver sa marque », ainsi que son activité sur son hub de Zurich. Un pacte d’actionnaires lie pour le moment vingt-six partenaires, dont la confédération helvétique, les principaux cantons, l’Union des banques suisses et le Crédit suisse. Ils représentent 86 % du capital et s’interdisent de céder leurs parts avant le mois d’août 2005.