Salon mondial du tourisme : une ouverture dans un contexte tourmenté
La 49ème édition du Salon mondial du tourisme (SMT) se déroule à Paris expo, porte de Versailles du 12 au 15 mars, dans un contexte assombri par la guerre au Moyen-Orient.
Flambée des cours du pétrole, risques d’inflation et incertitudes géopolitiques pourraient peser sur les choix des vacanciers français. « On sait qu’il y a une énorme réactivité du marché français aux crises géopolitiques », souligne Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme, anticipant un possible « changement de paradigme ».
Pourtant, la tendance mondiale pour 2026 restait bien orientée avant le conflit. Après les années Covid-19, le tourisme a enregistré un record en 2025, avec 1,5 milliard de voyageurs à l’international, soit une progression de 4% sur un an selon l’ONU tourisme. La France demeure le pays le plus visité, accueillant 102 millions de touristes étrangers.
Avant la guerre, près des deux tiers des Français prévoyaient des vacances
Selon une étude de Protourisme, avant la guerre, 62% des Français prévoyaient de partir en vacances cette année, avec un budget moyen de 2 500 euros par foyer. Pour l’été, 46% des Français (31,6 millions) déclarent vouloir partir, un léger recul par rapport à 2025. La part des séjours à l’étranger progresse néanmoins à 35% contre 32% l’an dernier. Une dynamique susceptible d’être affectée par le conflit au Moyen-Orient. « Dans ces crises, on observe plus de Français qui restent en Europe, plus d’Américains en Amérique… Cela peut nous faire perdre des clientèles à forte contribution », explique Didier Arino.
Les premiers signes sont visibles. Selon les données Orchestra publiées par l’Alliance France Tourisme, les réservations vers le Moyen-Orient ont chuté ces derniers jours, avec un recul de 34% pour l’Égypte du lundi au jeudi dernier.
« La force de ce métier, c’est la résilience »
Malgré ce contexte, Christel Marzullo, directrice du salon, se veut optimiste. « La force de ce métier, c’est la résilience. Le secteur sait s’adapter, qu’il s’agisse d’actualités politiques, géopolitiques ou climatiques », assure-t-elle.
Le salon doit réunir plus de 200 experts pour environ 70 000 visiteurs, majoritairement franciliens espérés. « Les professionnels pourront orienter les futurs voyageurs en fonction des changements de vols ou les rediriger vers d’autres destinations. L’Europe et la France restent très prisées, avec notamment la Bretagne qui conserve son attractivité », souligne Christel Marzullo.
Avec un même ticket, les visiteurs pourront également accéder au salon Destination Nature consacré aux activités de plein air.