Salaires: un accord a minima
Le salaire minimum du groupe A devrait progresser de 2,4 % en juillet 2012, l'écart entre les différents groupes étant maintenu. Un geste insuffisant pour les syndicats qui déplorent un manque de dialogue.
Mardi 6 mars, à l'heure de notre bouclage, trois syndicats représentatifs du secteur (CFTC, FO, CFDT) avaient déjà signé la nouvelle grille salariale proposée par le SNAV pour une application au 1er juillet 2012. Un accord qui permettra de revaloriser le salaire minimum du groupe A de 2,4 % à 1 440 euros brut par mois, sachant que l'écart entre les différents groupes (de A à G) est maintenu. « 2,4 %, c'est une augmentation raisonnable, qui tient compte de la hausse des prix » annonce Guy Besnard, président de la Commission des affaires sociales et de la formation du SNAV. « Insuffisant », répond tout de go Jean-Luc Letisse, délégué syndical central FO chez American Express, « surtout au regard de l'augmentation des prix cette année ». L'inflation, en 2011, s'est en effet établie à 2,4 %, soit le même taux que la réévaluation salariale du secteur, néanmoins supérieure à celle conclue dans l'hôtellerie-restauration (+2 %).
Les syndicats, pourtant signataires, dénoncent « un accord a minima » et déplorent un manque de dialogue avec le syndicat. « Nous n'avons pas le choix. Si le SNAV fait une proposition que l'on ne signe pas, l'accord n'est pas étendu et ne s'applique qu'aux entreprises membres du syndicat » explique Ophélia Dufort, déléguée syndicale CFTC chez CWT France. Gilles Giri, délégué syndical central CGT chez CWT ajoute qu' « aucune des réunions spécifiques prévues dans le cadre des négociations annuelles obligatoires où est abordée, entre autres, la question salariale, n'a été programmée (…). Il n'y a pas eu de discussion possible, le SNAV campant sur ses positions, c'est à prendre ou à laisser ».
La nouvelle grille salariale intervient en effet au même moment que les négociations annuelles obligatoires sur les salaires qui ont cours actuellement dans la plupart des entreprises, à l'image de Carrefour Voyages, dont la DG Isabelle Cordier entamait mardi dernier les premières réunions avec les syndicats. Après concertation avec les représentations syndicales, la direction du réseau de grande distribution fixe la nouvelle grille salariale de ses collaborateurs. « Aujourd'hui, les grands groupes rémunèrent leurs équipes au niveau des grilles fixées par le SNAV, sans politique salariale attractive » dénonce Gilles Giri.
Chez E.Leclerc Voyages, ce sont les directeurs des magasins E.Leclerc qui fixent le montant des salaires. Mais la grille établie par le SNAV leur est soumise. Comme l'explique Sandrine Billière, directrice de l'animation du réseau : « les salaires sont minables dans la profession (…) nous préconisons à nos adhérents de les majorer pour éviter d'être confronté à un turn-over trop important ».
Dans les réseaux volontaires, la donne est différente car les sièges n'interviennent jamais dans la politique salariale de leurs adhérents. Les chefs d'agences sont maîtres chez eux et décident, seuls, du montant des rémunérations. « Je suis payé au Smic, ou un peu plus, une misère » déplore un agent de voyage (CEDIV) en région Centre.
Le SNAV précise bien que les salaires réels sont de la responsabilité des entreprises et non pas de la branche. Comme l'explique Tewfik Ghattas gérant de STI Voyages « il est nécessaire qu'il y ait un standard minimum pour l'ensemble du secteur, c'est une protection pour les salariés. Mais nous sommes bien au-dessus, il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas d'injustice ».
Mais dans les faits, la moitié des salariés de la branche sont employés et donc rémunérés au niveau des catégories A et B, dont les montants minimum mensuels actuels sont respectivement de 1407 et 1463 euros contre un Smic actuel à 1398 euros. Le SNAV se défend en rappelant que les minimas ont « vraiment été revalorisés » entre juillet 2008 et 2010. Mais il reste encore du chemin à faire : les salaires moyens, toutes catégories confondues, restent 15 à 20 % inférieurs aux rémunérations moyennes des autres secteurs.
L'inflation, en 2011, s'est établie à 2,4 %, soit le même taux que la réévaluation salariale du secteur.
Modifications du texte concernant le travail du dimanche ou de nuit.
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