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Quand la concurrence du train arrive par la route

Après avoir lancé des liaisons ferroviaires, Veolia va concurrencer le train sur l’Hexagone grâce à sa filiale Eurolines qui a obtenu l’autorisation de cabotage sur 230 dessertes.

La vraie concurrence au train est arrivée. En attendant de se développer sur l’axe ferroviaire Paris-Lyon-Italie, Veolia va taquiner la SNCF sur la route. Le gouvernement vient en effet d’autoriser sa filiale Eurolines à faire du cabotage à partir de ses lignes internationales. Cet été, elle avait déjà ouvert six lignes, mais la compagnie peut, depuis la semaine dernière, exploiter 230 nouvelles dessertes. Cent cinquante vont être très vite proposées à la vente : « Au fur et à mesure des jours à venir, vous pourrez réserver des billets sur notre site web, par téléphone, dans un bureau de vente Eurolines ou dans une agence de voyages en France », prévient le site de l’autocariste. « Tout le monde travaille dessus », lance sans plus de détails sur les délais, Nicolas Boutaud, nouveau directeur commercial et marketing, en charge notamment de ce développement.

Avec l’ouverture de ce nouveau marché, autorisée en fait par l’Union européenne depuis 2009 et transcrite en droit français l’année suivante, Eurolines espère transporter 50 000 passagers supplémentaires. C’est peu, comparé au million et demi pris en charge chaque année au départ ou à l’arrivée de la France, mais cette clientèle nouvelle viendra s’ajouter aux habitués, sans investissements lourds supplémentaires. Les passagers caboteurs trouveront en effet leurs places à bord d’un autocar déjà existant en fonction du remplissage sans jamais dépasser la moitié des voyageurs du car. Les coûts étant déjà amortis par les clients internationaux, Eurolines peut se permettre de casser les prix, sans mettre son compteur financier dans le rouge : 8 euros le Paris-Rouen, un Bordeaux-Tours à 19 euros, ou un Lyon-Paris à 34 euros. « La difficulté réside surtout dans le respect du cahier des charges et l’obtention des autorisations », objecte Nicolas Boutaud. Certains segments peuvent en effet être opérés dans un sens mais pas dans un autre et doivent être interrégionaux. Surtout, « l’exploitation de desserte ne doit pas porter atteinte à l’équilibre économique d’un contrat de service public de transport de voyageurs », précise le décret du 12 novembre 2010. En clair, les autocaristes ne doivent pas concurrencer la SNCF et le transport ferroviaire géré par certaines régions françaises sans leur accord. Ce verrou sauté, plus rien n’empêche Eurolines de se lancer sans retenue sur les routes françaises, faute de concurrents à sa mesure. Ce qui ne va pas sans faire grincer quelques dents, au sein même de la famille des autocaristes (voir page ci-contre).

8 E le Paris-Rouen, 19 E le Bordeaux-Tours et 34 E le Lyon-Paris. De quoi rivaliser avec le train

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