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Plan de soutien dans l’hôtellerie : « Des freins importants demeurent »

Si l’Umih salue les annonces faites par le gouvernement à l’issue du cinquième Comité interministériel du tourisme, le syndicat regrette que certains points noirs demeurent. A commencer par « l’attitude inflexible des assurances ».

Dans la longue liste des dispositifs mis en place par le gouvernement pour soutenir le tourisme manquait hier une mesure très attendue par les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration : la prise en charge des pertes d’exploitation par les assureurs. Un silence qui a suscité une avalanche de commentaires sur la page Facebook du collectif Resto Ensemble, qui se bat depuis plusieurs semaines pour obtenir la prise en charge des pertes d’exploitation. Alors que les tensions se sont cristallisées à ce sujet dès le début du confinement, et en dépit de plusieurs semaines de négociations, l’Umih regrettait également hier dans un communiqué « l’attitude du monde des assurances, qui n’alimentera le fonds d’investissement qu’à hauteur d’un milliard d’euros alors que les pertes d’exploitation se sont déjà montées à 10 milliards d’euros et qu’elles sont appelées à se poursuivre du fait de l’obligation de réouverture en sous capacité. » « L’attitude inflexible des assurances est condamnable car ce sont des milliers d’entreprises qui peuvent faire faillite », selon l’Umih. Sur ce point, le syndicat entend donc rester “fortement mobilisé”, attendant du gouvernement qu’il légifère, comme il en avait évoqué la possibilité, pour contraindre les assurances à prendre en charge une partie de la perte d’exploitation subie par les entreprises du secteur lors de la fermeture. L’UMIH indique par ailleurs travailler à une offre d’assurance qui pourra être proposée aux entreprises du secteur CHRD (Cafés, Hôtels, Restaurants, Discothèques).

Les loyers, « une véritable bombe à retardement »

Depuis de longues semaines, l’Umih affirme avoir travaillé à la co-construction du plan de soutien au secteur, voyant ses demandes satisfaites sur un certains nombre de points, dont le calendrier de réouverture, le PGE Saison, l’élargissement du fonds de solidarité ou le déplafonnement du titre-restaurant. Mais un autre sujet encore non résolu aux yeux de l’Umih : les loyers. “La demande de prise en charge des loyers n’a pas encore obtenu de réponse de la part de l’Exécutif, regrette l’Umih. Les loyers sont en effet une véritable bombe à retardement pour nos entreprises”. Le syndicat a demandé l’annulation des loyers pour les entreprises du secteur pour une durée de six mois, annulation qui serait compensée pour les bailleurs de fonds par le fonds de solidarité « pour ne pas exporter la crise vers d’autres secteurs ».

Concernant l’activité partielle, si l’Umih approuve sa prolongation jusqu’à la fin de l’année 2020, « les organisations professionnelles demandent que soit étudiée une prolongation, dans les mêmes conditions qu’actuellement, jusqu’à ce que les mesures de distanciations sociales soient intégralement abandonnées afin d’accompagner au mieux la reprise progressive de l’activité, qui ne sera que partielle du fait des obligations sanitaires. »

Protocoles sanitaires : « le travail n’est pas terminé »

Un sujet qui n’est visiblement pas réglé : « le travail en lien avec les services de l’Etat n’est sur les protocoles sanitaires n’est pas terminé », affirme l’Umih. Il y a, pour la profession, une ligne rouge : imposer 4m2 de distanciation dans les restaurants et bars. « Le terrain s’impatiente pour recevoir le protocole validé par le gouvernement car un restaurant et un hôtel n’ouvrent pas en 24h, cela se prépare ! », a rappelé Roland Héguy. 

« La situation est très grave. Ce comité interministériel du tourisme était celui de la survie, souligne Roland Héguy. La profession a obtenu certaines satisfactions comme la date de réouverture fixée au 2 juin en zones vertes, mais il reste encore de grandes incertitudes pour notre profession. Beaucoup de leviers reposent sur la dette qu’il nous faudra bien rembourser alors que nous ne serons peut-être pas économiquement en état de le faire. »

Le syndicat appelle ainsi le gouvernement à organiser des points d’étape réguliers avec le secteur pour « réévaluer le calibrage des aides en fonction de l’évolution économique car cette crise sera profonde et durable », avertit-il.

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