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Peut-on croire à la relance du Kenya

Secoué par les attaques terroristes, le Kenya perd chaque année des touristes. Pour retrouver une fréquentation équivalente à celle connue entre 2001 et 2007, le ministère du tourisme déploie un plan de relance aux contours encore trop flous.

Le monde garde en tête les images de l’attaque du centre commercial de Westgate, perpétrée en septembre 2013 par le groupe al-Shabaab, en représailles à l’intervention militaire kenyane en Somalie depuis fin 2011. L’attentat, qui a fait 67 morts, symbolise la violence qui gangrène le pays et impacte fortement le tourisme international.

Si le Kenya a longtemps fait figure d’exemple, les chiffres de fréquentation actuels sont alarmants. Avec 1,09 million de touristes reçus en 2013, le pays connaît une dégression semblable à celle de 2008, quand les violences post-électorales avaient fait chuter de 30 % le nombre d’arrivées. Pour enrayer cette spirale négative, le Kenya Tourism Board actionne plusieurs leviers, comme la baisse du prix d’entrée aux parcs d’Amboseli et de Nakuru, de 90 à 80 $. Une initiative jugée positive par Jurgen Bachman, secrétaire général du SETO : « Le Kenya est une destination phare du tourisme mondial et, vu que la sécurité est assurée dans les lieux fréquentés par les touristes, ce plan va dans le bon sens ». Un dispositif de sécurité est, selon lui, déployé pour protéger les villes (Nairobi et Mombasa) et les sites touristiques kényans.

Une concurrence accrue

D’autres opérateurs sont moins confiants. Pour Christian Abidy, fondateur et PDG du TO Vie Sauvage, les premières mesures ressemblent à « une plaisanterie ». « Tant que des grenades exploseront à Nairobi ou Mombasa, les touristes ne reviendront pas », estime celui qui a fait voyager 150 Français au Kenya en 2013, soit « une baisse d’environ 30 % par rapport aux années 2005-2007 ». À la question sécuritaire, au coeur du problème kényan, s’ajoutent certaines plaintes de clients concernant le rapport qualité/prix de la destination. La gestion jugée parfois anarchique du tourisme au Kenya semble en effet atteindre son image de marque et lui fait subir une concurrence accrue de pays voisins comme la Tanzanie ou Zanzibar. « Le parc Nakuru, connu pour être un refuge de flamands roses, est inondé et pollué, ses pistes sont impraticables. Si vous cumulez ce genre de problèmes à des tarifs élevés et à un risque sécuritaire majeur, je préfère proposer la Tanzanie à mes clients », précise Christian Abidy.

D’autres mesures seront prises par le Kenya Tourism Board, qui n’a pas encore communiqué de façon précise auprès des offices de tourisme. On sait déjà qu’une campagne de communication sera lancée à destination du marché français mais sera-t-elle suffisante pour que le tourisme kenyan retrouve des couleurs ? Le salut du Kenya pourrait également passer par le développement de marchés émergents, comme la Chine ou l’Inde…

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